Face à la recrudescence des incivilités et des abus commis par certains de ses agents au volant des véhicules officiels, la Présidence de la République démocratique du Congo a décidé de serrer la vis. Une circulaire interne, signée par l'Assistant logistique du Président et la Coordination des ressources humaines, vient rappeler à l'ordre les contrevenants et menace de sanctions sévères.
C'est un véritable électrochoc que tente d'opérer la hiérarchie présidentielle. Ces derniers mois, à Kinshasa, les témoignages d'usagers et de forces de l'ordre excédés se sont multipliés concernant le comportement de certains conducteurs de véhicules arborant la fameuse plaque "PR" (Présidence de la République).
Un catalogue d'incivilités et d'abus de pouvoir
Selon la note interne dont notre rédaction a obtenu copie, les griefs sont nombreux et récurrents. Il ne s'agit plus de simples écarts de conduite isolés, mais d'un véritable sentiment d'impunité qui s'est installé.
Parmi les comportements dénoncés, on retrouve :
● Le non-respect systématique du Code de la route : franchissement des feux rouges, circulation en sens interdit, stationnement en double file, conduite dangereuse.
● L'intimidation : Des agents (conseillers, cadres et collaborateurs) n'hésitent pas à menacer les autres usagers, mais également les agents de la police nationale chargés de faire respecter l'ordre.
● Les modifications illégales : Installation non autorisée de gyrophares, dissimulation de plaques d'immatriculation pour échapper à l'identification.
● L'invocation abusive de l'autorité présidentielle : Le nom du Président est utilisé à tort et à travers comme un "passe-droit" pour échapper aux contrôles routiers.
Une image ternie et une autorité morale affaiblie
La Présidence ne mâche pas ses mots dans cette communication. Elle estime que ces "pratiques jugées inacceptables" sont "contraires aux engagements professionnels" et qu'elles "ternissent l'image et l'autorité morale de l'institution présidentielle".
Au-delà de l'infraction routière, c'est l'exemplarité de l'État qui est en jeu. Comment exiger des citoyens qu'ils respectent la loi quand ceux-là mêmes qui incarnent l'autorité suprême se croient tout permis ?
La fin des "passe-droits" : des sanctions immédiates annoncées
Face à cette situation devenue intolérable, la hiérarchie a choisi la manière forte. La circulaire annonce une politique de "tolérance zéro". Le message est clair et sans équivoque : "Aucune tolérance, aucune intervention et aucun passe-droit ne seront admis".
Les contrevenants, pris sur le fait ou identifiés, s'exposent désormais à un éventail de sanctions allant du simple blâme officiel à des poursuites disciplinaires, en passant par la confiscation pure et simple du véhicule de fonction.
Cette décision radicale vise à envoyer un signal fort, tant à l'intérieur de l'institution qu'à l'extérieur. Il s'agit de restaurer la discipline et de rappeler que le privilège d'utiliser un véhicule de l'État implique des devoirs, au premier rang desquels figure l'exemplarité. Reste à savoir si cette annonce sera suivie d'effets sur le terrain, dans le chaos du trafic kinois.
La Rédaction
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