Le Ghana ouvre la voie : la justice africaine se libère des chaînes coloniales

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Le Ghana vient de poser un acte hautement symbolique et résolument politique. Dans ses tribunaux, juges et avocats tournent la page des perruques blondes et des toges sombres héritées de l’époque coloniale britannique. Désormais, place à des robes bleu marine et or, ornées de bandes de kente, tissu emblématique de l’identité et de la royauté africaines.

Ce changement n’a rien d’anecdotique. Il marque une rupture assumée avec une justice qui, pendant des décennies, continuait de se donner les apparences de l’Occident. Le Ghana affirme ainsi une évidence longtemps refoulée : on ne rend pas justice en se déguisant en héritier d’un empire disparu.

Plus de soixante ans après les indépendances, l’Afrique commence à tirer les leçons de ses contradictions. Avoir un drapeau, un hymne et des institutions copiées-collées n’a pas suffi. L’imitation systématique des modèles occidentaux a souvent conduit à la stagnation, à la dépendance et à une profonde confusion identitaire.
L’émancipation véritable passe par l’autodétermination y compris culturelle. Elle exige le courage de rompre avec les symboles imposés, de redéfinir ses propres normes et de se regarder sans complexe.

Les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) ont ouvert la brèche en remettant en question l’ordre hérité. Le Ghana s’y engouffre aujourd’hui avec lucidité et élégance. L’image de magistrats africains rendant la justice vêtus de symboles africains restera dans les annales.
Ce n’est pas seulement une réforme vestimentaire.

C’est une déclaration : l’Afrique ne cherche plus à imiter. Elle choisit désormais de s’affirmer.

Fatshi BWANGA 


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