Le Brussels Press Club Europe a finalement supprimé de son site la vidéo d’une conférence controversée présentée sous le label d’un prétendu « consortium humanitaire de 33 ONG » censé débattre de la situation en République démocratique du Congo.
Officiellement, il était question d’échanges humanitaires.
Dans les faits, tout a basculé lorsqu’un.e jeune intervenante a pris la parole… au nom du M23.
Silence. Surprise. Malaise.
En quelques secondes, le vernis d’une rencontre neutre s’est fissuré. Les alertes lancées depuis Kinshasa et par la diaspora congolaise prenaient soudain tout leur sens : il ne s’agissait pas d’un simple débat académique ou humanitaire, mais d’une tribune politique déguisée.
Une mise en scène dénoncée
Selon plusieurs participants, la conférence aurait mêlé des figures proches du parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, du mouvement “Sauvons le Congo” lié à Joseph Kabila, ainsi que des représentants ou sympathisants de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du M23.
Derrière l’appellation rassurante d’ONG, la rencontre aurait donc servi de plateforme indirecte à des acteurs engagés dans une dynamique politico-militaire, dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible à l’Est de la RDC.
La pression de la diaspora
Face aux interpellations publiques et aux réactions fermes des Congolais présents dans la salle, le Brussels Press Club Europe s’est retrouvé face à un choix délicat : maintenir la vidéo au risque d’être accusé de cautionner une opération de communication controversée, ou la retirer pour préserver sa crédibilité institutionnelle.
La décision a été rapide : la vidéo a été supprimée de ses archives en ligne.
Une bataille d’image à l’international
Cet épisode illustre une réalité de plus en plus visible : la guerre autour de la crise congolaise ne se joue pas seulement sur le terrain militaire, mais aussi dans les capitales européennes, dans les salles de conférence et sur les plateformes numériques.
Pour la diaspora congolaise, cette séquence est perçue comme une victoire symbolique.
«Nous n’avons pas crié pour rien», résument certains militants présents à Bruxelles.
Entre communication stratégique, accusations de manipulation et mobilisation citoyenne, la tension reste vive autour de toute initiative liée, de près ou de loin, au M23.
Une chose est sûre : désormais, chaque tribune internationale sur la RDC sera scrutée à la loupe.
Rédaction
%20(1)%20(2).png)