Le débat sur une éventuelle révision constitutionnelle en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus politique et polémique.
Dernier épisode en date : la sortie du professeur Évariste Boshab, ancien cadre du régime de Joseph Kabila, qui n’a pas hésité à critiquer ouvertement son ancien camp tout en soutenant la dynamique portée par Félix Tshisekedi.
Boshab rompt le silence et recadre le débat
Dans une déclaration au ton incisif, Évariste Boshab s’est attaqué aux discours qu’il juge alarmistes autour d’une prétendue “balkanisation” ou “soudanisation” du pays.
Pour l’ancien président de l’Assemblée nationale, ces arguments relèvent davantage de la rhétorique politique que d’une réalité tangible. Il remet en question la légitimité même de ceux qui brandissent ces notions, visant implicitement Joseph Kabila.
À travers une analogie ancrée dans les réalités coutumières congolaises, Boshab rappelle que la gestion des terres repose sur des structures traditionnelles bien établies, insinuant qu’aucun individu ne peut, à lui seul, disposer du territoire national.
Une charge directe contre Kabila
Le propos devient plus frontal lorsque Boshab évoque le positionnement de Joseph Kabila sur la question constitutionnelle. Il laisse entendre que l’opposition à toute réforme serait dictée par des intérêts politiques personnels.
Cette sortie marque une rupture symbolique : ancien pilier du système kabiliste, Boshab semble aujourd’hui prendre ses distances avec son ancien mentor, dans un contexte où les lignes politiques continuent de se redessiner.
La défense d’un projet de réforme constitutionnelle
En filigrane, Boshab soutient l’idée d’une révision de la Constitution, qu’il présente comme un processus légitime et potentiellement bénéfique pour la nation.
Dans cette perspective, il compare l’action du chef de l’État à celle d’un architecte posant des bases durables pour l’avenir. Selon lui, les réformes envisagées ne doivent pas être perçues comme des manœuvres individuelles, mais comme une démarche visant à consolider les institutions.
Il insiste également sur un point central : les institutions doivent survivre aux hommes. Autrement dit, le mandat présidentiel est temporaire, mais la Constitution doit rester un socle au service de la République.
Une opinion publique en ébullition
Au-delà des élites politiques, la question de la révision constitutionnelle semble gagner une partie de l’opinion publique. Des slogans et prises de position émergent, traduisant une adhésion croissante, mais aussi des inquiétudes, autour de cette initiative.
Parmi ces expressions populaires, certaines vont jusqu’à présenter la mission du président comme dépassant le simple cadre d’un mandat électif, signe d’un débat qui touche désormais à la perception même du pouvoir et de la gouvernance.
Entre réforme et tensions politiques
La révision de la Constitution reste un sujet sensible en RDC, où l’histoire politique récente a souvent été marquée par des tensions autour des changements institutionnels.
Si les partisans y voient une opportunité d’adaptation et de modernisation, les opposants redoutent des dérives susceptibles de fragiliser l’équilibre démocratique.
La prise de position d’Évariste Boshab illustre la recomposition en cours du paysage politique congolais. Entre critiques internes, repositionnements stratégiques et débat sur l’avenir institutionnel, la question constitutionnelle s’impose comme l’un des enjeux majeurs du moment.
Dans ce contexte, une chose est certaine : toute réforme devra composer avec une exigence essentielle, celle de préserver la légitimité démocratique et l’unité nationale.
Rédaction
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