Nord-Kivu : avancée sécuritaire stratégique, Beni devient le cœur du déminage en RDC

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Une étape majeure vient d’être franchie dans la sécurisation de l’Est de la République démocratique du Congo. À Beni, dans la province du Nord-Kivu, United Nations Mine Action Service a officiellement inauguré le tout premier centre de formation au déminage du pays. Une initiative saluée comme historique, mais qui met aussi en lumière le long chemin parcouru et celui qu’il reste à faire.

Une autonomie sécuritaire longtemps attendue

Jusqu’ici, les capacités nationales en matière de déminage restaient limitées, dépendant en grande partie de l’expertise et de l’appui internationaux.
Désormais, grâce à ce centre, les Forces armées de la République démocratique du Congo pourront être formées localement, avec pour objectif d’intervenir de manière autonome dans la détection, le désamorçage et la neutralisation des engins explosifs.

Dans une région où les groupes armés ont massivement recours aux mines et explosifs improvisés, cette montée en compétence représente un tournant stratégique pour la protection des civils.

Huit pionniers pour ouvrir la voie

Preuve concrète de cette avancée : huit militaires congolais ont déjà été certifiés comme premiers diplômés de cette formation spécialisée. Ces pionniers incarnent le début d’une nouvelle génération d’experts nationaux capables de répondre à une menace qui, pendant des années, a fait des ravages silencieux dans les zones de conflit.

Leur certification marque non seulement un progrès technique, mais aussi un symbole fort d’appropriation nationale des enjeux de sécurité.

Entre progrès réel et aveu tardif

Si cette inauguration est indéniablement une avancée, elle soulève aussi une question de fond : pourquoi aura-t-il fallu autant de temps pour doter le pays d’un tel outil stratégique ?

Dans une région meurtrie par des décennies de violences, où les engins explosifs continuent de mutiler et tuer des civils, l’absence prolongée de structures locales de formation au déminage apparaît, pour certains observateurs, comme un retard lourd de conséquences.

Un enjeu vital pour les populations civiles

Au-delà des considérations politiques ou institutionnelles, l’impact attendu est avant tout humanitaire. Le renforcement des capacités des FARDC en matière de déminage vise à sécuriser les zones habitées, faciliter le retour des déplacés et permettre la reprise des activités économiques dans des territoires encore marqués par la peur.

Cette initiative pourrait ainsi contribuer à restaurer progressivement la confiance des populations envers les institutions de sécurité.

Un tournant à confirmer

L’ouverture de ce centre à Beni marque sans doute le début d’un nouveau chapitre dans la lutte contre les mines et explosifs en RDC. Mais pour que cette avancée tienne ses promesses, elle devra s’inscrire dans une stratégie durable, avec des moyens conséquents, un encadrement rigoureux et une volonté politique constante.
Car dans l’Est du pays, la guerre ne se joue pas seulement avec des armes visibles, elle se cache aussi sous terre.

Fatshi BWANGA 

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