À Lubumbashi, le ton était ferme et sans détour. En pleine campagne pour la présidence de la FECOFA, Véron Mosengo Omba a posé un diagnostic sévère sur l’état de l’arbitrage congolais, pointé du doigt comme l’un des principaux facteurs de perte de crédibilité du football national.
Face à la presse, le candidat n’a pas mâché ses mots : selon lui, la méfiance du public atteint un niveau critique, au point de décourager les supporters de se rendre dans les stades. « Les gens savent déjà qui va gagner », a-t-il lâché, dénonçant implicitement des pratiques qui minent l’équité des compétitions.
Une réforme structurelle annoncée
Pour rompre avec ce cycle de suspicion, Mosengo Omba propose une mesure forte : la professionnalisation complète des arbitres. Concrètement, il envisage de faire des hommes en noir des employés à part entière de la FECOFA, avec un salaire mensuel garanti.
L’objectif affiché est double :
• Mettre fin à la précarité financière des arbitres, souvent considérée comme une porte ouverte aux influences extérieures,
• Renforcer leur indépendance et leur responsabilité professionnelle.
Selon lui, un arbitre rémunéré de manière stable sera davantage en mesure de résister aux pressions et de se concentrer exclusivement sur la qualité de ses décisions.
Un chantier plus large que le simple salaire
Mais au-delà de la rémunération, l’assainissement du milieu arbitral exigera des mécanismes rigoureux. La réforme évoquée implique notamment :
• Des systèmes de contrôle renforcés
• Des évaluations régulières des performances
• Des sanctions claires en cas de manquements
Car payer les arbitres ne suffira pas à lui seul à éradiquer les dérives. La crédibilité du football congolais dépendra aussi de la transparence des procédures et de la volonté réelle d’appliquer des sanctions, y compris contre les réseaux d’influence.
Un test de crédibilité pour la future gouvernance
Cette promesse de réforme constitue l’un des piliers du projet de Véron Mosengo Omba. Reste à savoir si elle pourra être mise en œuvre dans un environnement historiquement marqué par des résistances internes et des intérêts divergents.
Une chose est certaine : en s’attaquant frontalement à l’arbitrage, le candidat touche à un nerf sensible du football congolais. Et s’il parvient à concrétiser cette ambition, c’est toute la perception des compétitions nationales qui pourrait basculer.
Fabrice TSHITA
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