La milice armée CRP (Convention pour la révolution populaire) active en Ituri a décrété un cessez‑le‑feu unilatéral, justifiant cette mesure par la nécessité de créer les conditions d’un dialogue avec Kinshasa.
La hiérarchie de ce mouvement anti-régime et le gouvernement entendent ouvrir un pré‑dialogue sous la médiation de l'Ouganda, une étape préparatoire jugée cruciale pour aboutir à un dialogue formel, structuré, et à terme, parvenir à une paix durable. Cette milice, affiliée au groupe AFC/M23, a publié un communiqué officiel relayant cette annonce jeudi 14 mai.
Son ouverture aux pourparlers constitue une défection qui prive Kagame et ses proxies d'un levier de pression sur l'Ituri.
Le 10 mars 2025, Thomas Lubanga, ancien chef de guerre condamné par la Cour Pénale Internationale (CPI), a lancé officiellement l'entité armée CRP à Kampala en Ouganda.
Lubanga, déjà reconnu coupable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité, est le fondateur principal de ce groupe. La filiation criminelle de son créateur étant avérée, les soupçons de complicité du régime Ougandais avec cette milice continuait d'obscurcir le tableau.
Cette volte‑face de CRP sous le joug de Thomas Lubanga survient dans la foulée de la signature, par la RDC et l'Ouganda , de six accords stratégiques lors de la 9ᵉ session de la Commission permanente mixte RDC- Ouganda, clôturée à Kampala le 10 mai 2026 et dont la cérémonie officielle a été réalisée le lendemain.
L'enjeu n'est pas uniquement commercial : outre l'amélioration des échanges transfrontaliers, l'accord inclut des mécanismes de coopération militaire et de sécurité pour la région des grands lacs.
Du coup certains observateurs régionaux commencent à lier CRP à l'Ouganda. Ils estiment que ces engagements bilatéraux auraient contribué à faire reculer Kampala dans son présumé rôle de sponsor discret des insurgés en RDC. Des allégations qui restent à confirmer bien sûr.
Mais un document du groupe d’experts de l’ONU publié en juillet 2024 pointe un soutien actif de l’Ouganda au M23, accusations que le pays a aussitôt démenties.
En outre, d'autres analystes se souviennent des tweets bellicistes, du général Muhoozi Kainerugaba, fils du président ougadais Yoweri Kaguta Museveni menaçant d'envahir l'Ituri et parfois demandant la révocation du gouverneur militaire Johnny Luboya Nkashama, sans justification publique claire.
Ildephonse WILONDJA
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