Dans un climat politique de plus en plus tendu, un message résonne avec force dans l’opinion publique : «Toza ba zoba te», nous ne sommes pas des ignorants. Ce cri du cœur traduit une exaspération profonde face à toute tentative de confisquer au peuple congolais son droit fondamental de réfléchir et de décider de son avenir.
Refuser aux Congolais la possibilité de se prononcer sur les grandes orientations de leur pays revient à remettre en cause leur intelligence collective. Or, l’histoire récente de la République démocratique du Congo démontre que son peuple, malgré les épreuves, reste lucide, conscient et capable de faire des choix déterminants.
Le référendum comme expression suprême de la souveraineté
La question du changement ou de la révision de la Constitution ne peut être éludée sans débat. La Constitution du 18 février 2006, adoptée dans un contexte particulier de sortie de crise, mérite aujourd’hui d’être relue à la lumière des réalités actuelles.
Prenons notamment l’article 217, qui engage la RDC à consentir à des limitations de souveraineté en vue de promouvoir l’unité africaine. Une disposition qui, pour certains, soulève des interrogations légitimes au regard des défis sécuritaires persistants, notamment dans l’Est du pays.
Peut-on continuer à ignorer ces préoccupations ? Peut-on empêcher le peuple de trancher ? La réponse est claire : non.
L’Est de la RDC : une ligne rouge
Alors que certaines zones de l’Est restent en proie à l’insécurité, l’idée même de concessions au nom d’une paix fragile suscite l’indignation. Pour de nombreux Congolais, céder une partie du territoire ou donner l’impression d’un abandon serait une insulte nationale.
Dès lors, ouvrir un débat sur la Constitution apparaît non seulement légitime, mais nécessaire. Le peuple doit pouvoir dire, par référendum, s’il accepte ou rejette toute modification.
Mobilisation politique et contradictions
Dans ce contexte, la coalition C64 appelle à un sit-in le 12 juin devant le Palais du peuple. Une mobilisation qui intervient quelques jours après une opération « ville morte » aux résultats controversés.
En effet, plusieurs observateurs relèvent des contradictions : certaines entreprises liées à des figures de l’opposition ont poursuivi leurs activités normalement. Des hôtels ont fonctionné, des matchs de football ont été disputés et retransmis, et des sociétés ont maintenu leurs opérations.
Ces incohérences interrogent sur la sincérité de certaines démarches politiques et renforcent la méfiance d’une partie de l’opinion.
Quand le peuple reprend la parole
Derrière cette agitation politique, beaucoup voient une crainte : celle de perdre le monopole du discours politique. Car lorsque le peuple s’exprime directement, les calculs politiciens deviennent secondaires.
Le Congo n’appartient ni à une majorité, ni à une opposition, encore moins à une élite politique. Il appartient avant tout à son peuple.
Et aujourd’hui, ce peuple le dit haut et fort : «Toza ba zoba te», nous savons ce que nous voulons.
L’heure n’est plus à la confiscation du débat, mais à son ouverture. Et s’il faut trancher, que ce soit par la voie la plus démocratique qui soit : le référendum.
Rédaction
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