RDC–Électricité : 600 millions de dollars perdus, le prix fort de la Coupe du Monde

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Entre passion du ballon rond et impératifs économiques, la Société Nationale d'Électricité (SNEL) aurait renoncé à près de 600 millions de dollars pour garantir la retransmission des matchs de football sans coupures.

​En République démocratique du Congo, le football demeure une passion nationale capable de faire passer au second plan les défis budgétaires les plus stricts. Une récente déclaration du Directeur Général de la Société Nationale d'Électricité (SNEL) remet en lumière les arbitrages colossaux et parfois invisibles engagés par les autorités nationales lors des grands événements sportifs internationaux.

​D'après le responsable de la régie nationale, le Professeur Dr Ir Teddy Lwamba Muba, l'État congolais aurait accepté un manque à gagner estimé à près de 600 millions de dollars américains pour assurer une fourniture constante et de qualité en électricité à la population durant la période de la Coupe du Monde.

​Un arbitrage stratégique et social

​La gestion du réseau électrique congolais implique des choix complexes d'allocation de la puissance disponible entre la consommation domestique et la fourniture aux grands industriels du secteur minier, traditionnellement très apporteurs de devises.

​Pour maintenir les téléviseurs allumés et éviter les coupures intempestives lors des rendez-vous sportifs majeurs, des réorientations de charge significatives ont dû être opérées au détriment d'autres activités rémunératrices.

​« La RDC avait accepté de perdre environ 600 millions USD pour que la population regarde la Coupe du monde avec un courant de bonne qualité », a déclaré le Directeur Général de la SNEL

​Les enjeux du secteur énergétique en RDC

​Cette déclaration remet sur le devant de la scène le débat sur le modèle économique de l'électricité en RDC :

  • ​Un équilibre fragile : Trouver la juste mesure entre la mission de service public (l'accès universel à l'énergie pour les ménages) et l'impératif de rentabilité économique (l'alimentation des sites industriels et miniers).
  • ​Les investissements nécessaires : Ces pertes sèches soulignent la nécessité de poursuivre la modernisation des infrastructures (barrages et lignes de transport) pour répondre simultanément aux besoins domestiques et industriels sans pénaliser les recettes publiques.

​Alors que les besoins énergétiques du pays continuent de croître, la question du coût réel de la tranquillité sociale reste plus que jamais au cœur des débats économiques nationaux.

Shashu Yenga 

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