Une ONG à la réputation pacifique, mais des soupçons qui secouent. Mahoro Peace Association, enregistrée aux États-Unis et influente dans la diaspora banyamulenge, est aujourd’hui citée dans une enquête aux allures de bombe diplomatique. Derrière le vernis de l’humanitaire, l’organisation est accusée de financer des milices armées opérant dans le Haut-Plateau du Sud-Kivu, l’une des régions les plus instables de la République démocratique du Congo.
Selon les révélations d’Africa Intelligence, plus de 1,5 million de dollars auraient été transférés depuis 2020 depuis les États-Unis vers cette zone sensible. Une partie de ces fonds aurait alimenté des groupes armés responsables d’attaques contre les populations civiles. Le journaliste Olivier Lifran affirme que les services de renseignement américains, congolais et même le FBI disposent d’éléments concordants sur ces transactions.
Les faits jettent une ombre inquiétante sur la nature réelle de certaines ONG. Peut-on encore parler d’actions humanitaires quand les flux financiers soutiennent indirectement des conflits ? La question dérange, d’autant que Mahoro Peace n’est peut-être que la partie visible d’un système plus vaste, où des structures dites caritatives serviraient en réalité d’intermédiaires à des agendas militaires ou géopolitiques.
Face à cette situation, des voix s’élèvent pour réclamer un audit rigoureux des ONG opérant dans l’Est de la RDC, en particulier celles actives dans les zones de conflit. Origines des fonds, circuits bancaires, bénéficiaires finaux : tout doit être mis à plat pour démasquer les faux humanitaires et démanteler les réseaux de financement de l’insécurité.
Pendant ce temps, les populations du Sud-Kivu, prises en otage par ces conflits sans fin, continuent de mourir dans l’indifférence. À quand la fin du silence complice de certaines capitales ? À quand la fin de l’impunité pour les financeurs de la guerre cachés derrière des logos ONG ?
Une chose est sûre : la vérité sur Mahoro Peace et d'autres structures similaires pourrait bien être le premier pas vers la fin de l’économie de guerre qui ravage l’Est de la RDC depuis des décennies.
Rédaction
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