À l’heure où le débat sur un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo s’intensifie dans l’espace public et sur les réseaux sociaux, la Société Civile du Congo (SOCICO), dirigée par Pontien NYEMBO, sort de sa réserve et affiche une position ferme.
Dans un communiqué de presse publié le 23 février 2026 à Kinshasa, l’organisation appelle à la prudence et met en garde contre toute initiative de modification constitutionnelle menée sans consensus national.
Dans ce document officiel signé par son Président national, la SOCICO indique suivre avec «une attention soutenue» les discussions relatives à une éventuelle révision de la Loi fondamentale. Face aux tensions observées dans l’opinion et dans certains milieux politiques, l’organisation affirme vouloir adopter une posture «claire et responsable», centrée sur la défense des principes républicains et de l’intérêt supérieur de la Nation.
Au cœur de son message, la coordination nationale de la SOCICO insiste sur le caractère sensible de toute réforme constitutionnelle. Selon elle, aucune modification de la Constitution ne peut être engagée en dehors d’un dialogue véritablement inclusif, transparent et national. L’organisation estime que la Loi fondamentale, socle du pacte républicain, ne saurait être révisée dans un climat de suspicion, de polarisation ou sous l’influence d’intérêts partisans.
Le Leader de la SOCICO exprime par ailleurs une vive inquiétude face à certaines dérives constatées dans les milieux académiques et politiques. Elle déplore notamment l’implication de figures intellectuelles autrefois respectées dans des controverses liées à la manipulation de l’opinion ou à des soupçons de corruption, soulignant que les acteurs qui éclairent le débat public ont le devoir d’agir avec éthique, responsabilité et patriotisme.
Dans une tonalité qui se veut à la fois critique et mobilisatrice, la SOCICO rappelle que l’élite intellectuelle et la classe politique doivent incarner des modèles d’intégrité. À défaut, prévient-elle, il revient à la société civile de défendre les principes républicains et de renforcer l’éducation citoyenne sur les enjeux constitutionnels.
Concrètement, l’organisation dit «non» à toute modification de la Constitution en dehors d’un dialogue inclusif impliquant l’ensemble des forces vives de la Nation. Elle appelle également les universitaires, leaders d’opinion et acteurs politiques à faire preuve de responsabilité dans leurs prises de position, tout en exhortant ses propres activistes à intensifier les actions d’éducation civique.
À travers cette sortie médiatique, la SOCICO réaffirme enfin son engagement en faveur de l’État de droit, de la transparence et de la stabilité institutionnelle. Une prise de position qui intervient dans un contexte politique sensible, où la question constitutionnelle pourrait devenir un nouveau point de crispation nationale si elle n’est pas encadrée par un consensus large et apaisé.
Batra Fanfan
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