window.dataLayer = window.dataLayer || []; function gtag(){dataLayer.push(arguments);} gtag('js', new Date()); gtag('config', 'G-RJCKWMVPJM'); Dialogue national et inclusif : le pouvoir et l’opposition à couteaux tirés

Dialogue national et inclusif : le pouvoir et l’opposition à couteaux tirés

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La perspective d’un dialogue national et inclusif en République démocratique du Congo révèle de profondes divergences entre le pouvoir en place et l’opposition politique. Si le président de la République, Félix Tshisekedi, se dit favorable à ce cadre de concertation, les modalités de son organisation continuent de susciter de vifs débats.

Le chef de l’État a réaffirmé sa position selon laquelle le dialogue doit impérativement se tenir sur le sol national. Pour la Présidence, cette exigence relève d’un principe de souveraineté et vise à garantir un processus conduit par et pour les Congolais.

Cette position est cependant contestée par certains acteurs de la société civile. Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), l’abbé Donatien Nshole, estime qu’au regard du contexte sécuritaire et politique, la tenue du dialogue à l’extérieur du pays pourrait offrir davantage de garanties en matière de sécurité et de liberté d’expression.

Dans le camp de l’opposition, les critiques se multiplient. Le parti Ensemble pour la République, de Moïse Katumbi, parle de «flagrantes contradictions » dans le discours du président Félix Tshisekedi. La formation politique s’interroge notamment sur le refus du chef de l’État d’organiser un dialogue politique avec l’opposition congolaise en dehors de Kinshasa, alors qu’il accepte de négocier avec l’AFC/M23 à Doha, hors du territoire national.

Par ailleurs, le président de la République a clairement exclu du dialogue les groupes rebelles ainsi que les personnes condamnées par la justice. Une ligne rouge qui provoque une réaction ferme d’Ensemble pour la République, lequel conditionne sa participation à plusieurs préalables jugés essentiels : la levée des condamnations à caractère politique, la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, ainsi que l’arrêt des poursuites judiciaires considérées comme politiquement motivées.

De son côté, le parti Envol, dirigé par Delly Sesanga, rejette l’idée d’un dialogue politique «sous conditions». Selon cette formation, un tel cadre «ne répond ni aux exigences démocratiques ni aux attentes légitimes du peuple congolais», estimant qu’un dialogue véritable doit être libre, inclusif et crédible.

À l’opposé, la coalition Lamuka, conduite par Martin Fayulu, adopte une posture plus souple. Son porte-parole, Prince Epenge, estime que le débat ne devrait pas se focaliser sur l’initiateur ou le lieu de la rencontre. « Le plus important, ce n’est ni celui qui convoque ni le lieu du dialogue », affirme-t-il, avant d’ajouter : « l’essentiel, ce sont les objectifs poursuivis ».

Alors que les positions restent tranchées, l’initiative d’un dialogue national et inclusif apparaît plus que jamais comme un enjeu majeur pour la stabilité politique du pays. Reste à savoir si les différentes parties parviendront à dépasser leurs divergences afin de privilégier l’intérêt supérieur de la nation.

Ali Haddad
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