L’appel récent de Joseph KABILA à invoquer l’article 64 de la Constitution congolaise suscite une onde de choc et soulève une question fondamentale : pourquoi ce même principe semblait-il inacceptable lorsqu’il était au pouvoir ?
En 2017, des jeunes Congolais, parmi lesquels Rossy MUKENDI et Thérèse KAPANGALA, ont payé de leur vie leur engagement citoyen lors de manifestations réclamant le respect de la Constitution. À l’époque, ces mobilisations, pourtant fondées sur les textes légaux, avaient été violemment réprimées.
Aujourd’hui, le contraste est saisissant.
L’article 64 de la Constitution stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à toute prise de pouvoir contraire à la loi fondamentale. Mais cet article ne peut être isolé de l’article 63, qui rappelle que tout citoyen a le devoir sacré de défendre l’intégrité du territoire national et l’unité du pays.
Dès lors, une interrogation s’impose :
peut-on appeler à la mobilisation populaire sans assumer le passif des répressions passées ?
Le débat ne doit pas être émotionnel, mais profondément politique et juridique. Car invoquer la Constitution exige cohérence, mémoire et responsabilité.
Enfin, certaines accusations persistent dans l’opinion concernant la gestion du pouvoir durant les années de conflit, notamment à l’époque de l’occupation de Goma par le Rassemblement congolais pour la démocratie. Ces questions méritent d’être traitées avec sérieux, preuves à l’appui, et dans le respect du débat démocratique.
Une chose est certaine : la Constitution ne peut être invoquée à géométrie variable. Elle s’impose à tous, hier comme aujourd’hui.
Fatshi BWANGA
%20(1)%20(2).png)