Lundi 9 février 2026, le quartier Pakadjuma à Limete a été démoli par les services de l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Si les autorités présentent cette opération comme une avancée pour la modernisation de la capitale, elle a provoqué violences et désarroi parmi les habitants déplacés.
Sous la supervision du ministre provincial de l’Environnement, Léon Mulumba, les habitations situées le long de la voie ferrée appartenant à l’Office national des transports (ONATRA) ont été rasées. Cette initiative vise à relancer le trafic ferroviaire sur l’axe stratégique Matete–Kintambo Magasin et à lutter contre les constructions anarchiques qui encombrent la ville.
Pour le gouverneur Daniel Bumba, cette opération s’inscrit dans la volonté de rétablir l’ordre public et de libérer les emprises publiques occupées illégalement. Selon les autorités, elle constitue un signal fort en faveur de la modernisation et de l’assainissement de Kinshasa.
Mais sur le terrain, la situation a rapidement dégénéré. Un bilan provisoire communiqué le mardi 10 février fait état de trois morts par balles, de plusieurs blessés par armes blanches, et de la vandalisation d’une station-service. De nombreux habitants, dont des travailleuses du sexe, se retrouvent aujourd’hui sans abri et s’interrogent sur leur avenir. « Où est-ce que nous allons faire la prostitution ?», déplore l’une d’elles, illustrant le désarroi des populations affectées.
La démolition de Pakadjuma illustre ainsi le difficile équilibre entre développement urbain et urgence sociale à Kinshasa. Alors que les autorités mettent en avant la modernisation, la colère et la souffrance des habitants déplacés rappellent les fractures profondes qui persistent dans la capitale congolaise.
Ali Haddad
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