À Goma, l’onde de choc provoquée par la mort de Willy NGOMA et de plusieurs officiers du mouvement rebelle continue de secouer les équilibres internes. Lors d’une réunion d’urgence tenue dans la ville de Goma, des cadres du mouvement ont reconnu, sous couvert d’anonymat, une perte partielle de contrôle de la situation sécuritaire.
«Nous savons bien que nous ne contrôlons plus totalement la situation. Tout peut arriver, n’importe où et n’importe quand. Nous devons doubler de vigilance et rester prudents», aurait confié un responsable présent à cette rencontre de crise.
Climat de méfiance et soupçons de trahison
Selon plusieurs participants, la mort de l’officier a intensifié les fractures internes. Les soupçons d’espionnage se multiplient, chaque camp suspectant l’autre de fuite d’informations vers l’ennemi.
Dans ce contexte, la disparition de Willy Ngoma est perçue par certains comme le résultat d’une trahison interne, alimentant davantage la défiance et la paranoïa au sein de la chaîne de commandement.
La confiance, autrefois fragile, semble désormais profondément ébranlée. Des mesures de sécurité renforcées auraient été recommandées à tous les cadres du mouvement, signe d’un climat de peur grandissant.
Obsèques incertaines, peur omniprésente
Une question sensible divise également les responsables : faut-il organiser des obsèques officielles ou procéder à un enterrement discret ?
La crainte d’éventuelles attaques ou infiltrations pousse certains dirigeants à privilégier la discrétion, tandis que d’autres estiment qu’un hommage formel s’impose pour préserver la cohésion du mouvement.
Pour l’heure, aucune décision claire n’aurait été arrêtée, illustrant le degré d’incertitude stratégique qui règne dans les rangs rebelles.
Un “après Ngoma” potentiellement dévastateur
Des analystes des conflits armés estiment que cette disparition pourrait ouvrir une période de turbulences internes majeures.
Les tensions latentes, notamment entre différentes composantes du mouvement et leurs soutiens présumés, risquent de s’exacerber dans un contexte déjà marqué par des difficultés logistiques et militaires.
Le manque de moyens, la pression sur le terrain et les rivalités internes pourraient accélérer un processus de fragmentation, voire de dislocation progressive du mouvement.
Dans les cercles d’analyse sécuritaire, certains redoutent une escalade de règlements de comptes internes, dans un climat régional déjà tendu impliquant indirectement le Rwanda et l’est de la RDC.
Si ces tensions se confirment, l’après Ngoma pourrait marquer un tournant stratégique majeur, avec des conséquences imprévisibles pour la stabilité du mouvement et la dynamique du conflit dans le Nord-Kivu.
Rédaction
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