RDC | Guerre invisible dans l’Est : quand Kigali annexe le Congo par les télécommunications avec la complicité de MTN

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Faut-il encore parler de simples soupçons ou désormais de preuves palpables d’un processus de balkanisation de la République démocratique du Congo ? À moins qu’il ne s’agisse, plus frontalement, de la volonté assumée du président rwandais Paul Kagame d’annexer une partie du territoire congolais. La réalité, aussi cruelle soit-elle, impose aujourd’hui d’être dite et partagée.

Fraudeuse et voleuse : les mots ne sont ni excessifs ni émotionnels pour qualifier le comportement jugé indigne de la multinationale sud-africaine Mobile Telephone Networks Group (MTN). Depuis plusieurs jours, l’opérateur exploite illégalement et ouvertement des services de télécommunications dans l’est de la RDC, notamment à Goma et Rutshuru, en totale violation des lois congolaises.
Cette incursion marque un tournant dangereux. La guerre menée contre la RDC ne se limite plus à l’exploitation illégale des minerais. Elle s’étend désormais au secteur stratégique des télécommunications, pilier de la souveraineté et de la sécurité nationales. Une extension facilitée par la complicité active de MTN, installée sans licence dans des zones congolaises occupées par la rébellion M23-AFC, soutenue par le Rwanda.

Des informations concordantes et confirmées indiquent que MTN-Rwanda exploite plusieurs sites à Goma et Rutshuru, arrachés aux opérateurs légalement établis en RDC — Vodacom, Airtel et Orange.
L’entreprise fournit illégalement des services de téléphonie mobile et d’accès à Internet, allant jusqu’à vendre publiquement ses cartes SIM à Goma et dans d’autres localités du Nord-Kivu, voire du Sud-Kivu, où son signal est désormais capté.

Cette situation entraîne un manque à gagner économique colossal pour la RDC : les services sont consommés sur le sol congolais, mais les taxes et redevances sont versées au Rwanda.

Dans un article publié sur son site, la Radiotélévision patriarcale d’Afrique (RTPA), basée à Butembo, révèle que MTN Rwanda a installé des émetteurs sur une antenne Vodacom à Murambi, quartier de Rutshuru-centre, couvrant déjà plusieurs entités dont Rutshuru-centre, Kiwanja, Rubare et leurs périphéries. Un autre émetteur est opérationnel à Ntamugenga, tandis qu’un troisième serait en cours d’installation à Kibumba, dans le territoire de Nyiragongo. Dans toutes ces zones, les cartes SIM et services MTN Rwanda — voire ougandais — sont déjà commercialisés.

Un habitant de Rutshuru-centre témoigne sur RTPA :
« Nous avons déjà la connexion MTN. Ce n’est pas une antenne classique, mais un émetteur connecté directement à MTN. Il suffit d’insérer une carte SIM MTN Rwanda pour accéder à Internet. Cela couvre plusieurs zones. À Ntamugenga, MTN est déjà opérationnel et Kibumba suivra bientôt ».

Face à la gravité de la situation, une réunion de crise s’est tenue le mardi 10 février autour de la Première ministre Judith Suminwa, en présence du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique José Mpanda, du président de l’ARPTC Christian Katende, ainsi que du président de l’Association des opérateurs des télécommunications (Assocel), Barthe N’tshabali, accompagné des représentants des sociétés affectées.

Dans un communiqué publié ce mercredi 11 février, l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications du Congo (ARPTC) a affirmé qu’elle n’entendait céder sur aucune voie de droit pour la défense des lois et de la souveraineté numérique de la RDC.
Des plaintes seront introduites auprès de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’Association des régulateurs des communications d’Afrique de l’Est (CRASA) — dont la RDC est membre aux côtés de la RURA, régulateur rwandais — contre MTN en tant qu’opérateur.

L’ARPTC prévoit également de saisir Africa50, institution financière panafricaine investissant aux côtés de MTN, ainsi que l’Union africaine des télécommunications (UAT) et la GSMA pour contraindre MTN, pourtant cotée en bourse, à répondre de cette exploitation illégale et frauduleuse et à dédommager la RDC pour les préjudices économiques et stratégiques subis.

Rédaction 

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