La province du Haut-Katanga est aujourd’hui au cœur d’une controverse politique et sociale majeure. Des accusations persistantes de tribalisation de l’administration publique viennent ternir l’image de la gouvernance provinciale, au point de menacer gravement la cohésion sociale et l’unité institutionnelle.
Une gouvernance sous le sceau de l’exclusion
Selon plusieurs sources concordantes, les postes stratégiques de l’administration provinciale seraient confiés de manière quasi systématique à des membres d’une même association socio-culturelle, Sempya, ainsi qu’à des proches du gouverneur a.i. Martin Kazembe.
Dans le même temps, des formations politiques majeures telles que l’UDPS et l’Union sacrée de la nation se retrouvent marginalisées, voire totalement exclues des sphères décisionnelles.
La justification avancée en interne choque : «c’est le tour de Sempya», une logique de partage du pouvoir fondée non sur la compétence, mais sur l’appartenance communautaire, notamment en lien avec la zone de Kasenga.
Répartition révélatrice des nominations
Plusieurs postes clés illustrent cette concentration du pouvoir :
• DPRI : Directeur issu de Sempya
• Direction administrative et financière : Sempya
• Chef de Division Ouest : Sempya
• Chef de Division Est : Sempya
Cette homogénéité dans les nominations alimente un profond malaise au sein de l’administration et de la population.
Des nominations à caractère ouvertement tribal
La liste ci-dessous, largement relayée, est perçue par de nombreux observateurs comme révélatrice d’un népotisme institutionnalisé :
• Bwalya Ngandwe Junivelle – Chef de division Informatique
• Katanga Mukenga Solange – Division urbaine Ouest
• Kapufi Mwansa Viviane – Inspection NU
• Gabin Mwemena – Division administrative et RH
• Kazadi Mabuka Serge – Taxe des personnes morales
• Mandala Mutwila Patricia – Division urbaine Likasi
• Nyanzimba Kayeba Carole – Recouvrement
• Muteba Shula Nathalie – Chef de division NU (grande sœur du gouverneur a.i.)
• Chituma Muyambo Marcelin – Division de territoire
• Kamanga Mujinga Isaac – Division urbaine Kasumbalesa
• Kaunda Shula Brigitte – Chef de division Finances / DAF NU (petite sœur du gouverneur a.i.)
• Mwansa Kalunga Jean-Pierre – Division urbaine Est
• Mwidi Lunda Serge – Division Mukambo-Sakanya
• Ngoie Wa Ngoie Joël – Receveur
La présence répétée de membres de la même famille du gouverneur a.i. à des postes névralgiques renforce le sentiment d’une confiscation clanique de l’État provincial.
Une cohésion sociale en lambeaux
Au-delà des chiffres et des noms, c’est la paix sociale qui est en jeu. La perception d’une administration verrouillée par une seule communauté détruit la confiance, alimente les frustrations et ravive des tensions identitaires dangereuses dans une province stratégique pour l’économie nationale.
Le Haut-Katanga n’a pas besoin d’une gouvernance de quotas tribaux, mais d’une administration inclusive, méritocratique et républicaine. À défaut d’un sursaut politique rapide, cette dérive pourrait laisser des séquelles durables sur l’unité provinciale et nationale.
Rédaction
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