Le documentaire de la journaliste Hariana Veras, consacré aux réfugiés congolais installés au Burundi, agit comme un électrochoc. Il lève un voile que certains s’acharnent à maintenir opaque depuis des décennies et met en lumière une réalité que beaucoup préfèrent ignorer.
Depuis la prise d’Uvira, la pression exercée par le Rwanda et le mouvement armé M23 sur les autorités burundaises pour forcer le retour des déplacés congolais s’est intensifiée. Officiellement, le discours se veut humanitaire, évoquant la stabilité régionale et le retour à la normale. En réalité, cette précipitation cache une motivation bien plus troublante : la peur.
Car ces femmes, ces hommes et ces enfants réfugiés sont avant tout des témoins vivants. Témoins des massacres, des déplacements forcés et des crimes commis à l’Est de la République démocratique du Congo depuis 1994. Leur simple présence dans les camps est une mémoire vivante, un récit incarné que nul communiqué officiel ne peut effacer.
Vider les camps de réfugiés, c’est tenter de faire taire les victimes. C’est empêcher les journalistes d’enquêter librement. C’est étouffer la vérité avant qu’elle ne s’impose à la communauté internationale.
Au-delà des pressions diplomatiques sur Bujumbura, une autre bataille se joue : celle de l’opinion.
La journaliste Hariana Veras, de nationalité angolaise et collaborant notamment avec des institutions internationales, fait l’objet d’une campagne de haine numérique et de harcèlement ciblé.
L’objectif est clair : intimider, discréditer et réduire au silence celles et ceux qui montrent ce que Kigali ne veut pas voir exposé.
L’histoire l’a prouvé : lorsqu’un régime s’acharne à forcer le retour de réfugiés contre toute logique humanitaire, ce n’est jamais anodin. C’est souvent le signe que des crimes cherchent à rester enfouis, que la vérité dérange et menace de remonter à la surface.
Les déplacés congolais au Burundi ne constituent pas un problème diplomatique. Ils sont la preuve vivante d’un crime organisé, inscrit dans la durée et protégé par le silence.
Le monde doit regarder. Le monde doit savoir.
Rédaction
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