window.dataLayer = window.dataLayer || []; function gtag(){dataLayer.push(arguments);} gtag('js', new Date()); gtag('config', 'G-RJCKWMVPJM'); RDC : Sanctions américaines contre le Rwanda - Patrick Muyaya salue une décision "conforme aux engagements internationaux" et presse l'UE d'agir

RDC : Sanctions américaines contre le Rwanda - Patrick Muyaya salue une décision "conforme aux engagements internationaux" et presse l'UE d'agir

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En déplacement à Paris pour échanger avec la diaspora congolaise, le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, est revenu mercredi sur les sanctions historiques annoncées par les États-Unis à l'encontre des Forces de défense rwandaises (RDF) et de quatre de leurs hauts gradés. Une décision que Kinshasa accueille favorablement, sans pour autant y voir une faveur, mais plutôt l'application d'un droit international trop longtemps bafoué.

"Une mise en œuvre des engagements de Washington"

Lundi, l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor américain a gelé les avoirs et interdit toute transaction avec les entités et officiers rwandais impliqués dans le soutien au mouvement rebelle M23, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Interrogé sur cette avancée diplomatique majeure, Patrick Muyaya a tenu à recadrer le débat :

"Aujourd'hui, les Américains sont ce qu'ils sont en termes de puissance. Pour nous, ces sanctions arrivent comme la mise en œuvre d'un engagement pris afin que chaque partie respecte ce qui a été signé. Nous ne considérons pas ces sanctions comme un cadeau, mais comme une mesure pour garantir le respect des engagements."

Le ministre fait ici référence aux différents accords cadres, dont l'Accord-cadre d'Addis-Abeba et les résolutions du Conseil de sécurité, qui appellent au respect de la souveraineté et à la cessation des ingérences étrangères en RDC.

"L'enfer" de Kagame pourrait se retourner contre Kigali

Selon le porte-parole du gouvernement Suminwa, la pression internationale commence à produire ses effets. Alors que le président rwandais Paul Kagame avait prévenu par le passé que quiconque chercherait "l'enfer" le trouverait en RDC, Patrick Muyaya estime que le rapport de force s'est inversé.

"L'enfer" évoqué par certaines personnalités rwandaises pourrait désormais se retourner contre leur propre régime si les engagements pris ne sont pas respectés, a-t-il averti, suggérant que l'isolement diplomatique et les sanctions économiques pourraient frapper durement Kigali.

L'Union européenne appelée à emboîter le pas

Si les sanctions américaines constituent une victoire diplomatique pour Kinshasa, le gouvernement congolais entend capitaliser sur cette dynamique. Patrick Muyaya a lancé un appel solennel à l'Union européenne pour qu'elle adopte des mesures similaires.

"Il ne suffit pas de retirer le soutien au M23. Il faut aussi se retirer de toutes les parties de notre territoire. Même si nous avons des problèmes internes, ce ne sont pas les Rwandais qui viendront les régler", a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d'un retrait total et inconditionnel des troupes rwandaises du sol congolais.

Un contexte de tensions persistantes

Les sanctions américaines visent spécifiquement le rôle actif des RDF aux côtés des rebelles du M23, un mouvement que les experts de l'ONU accusent régulièrement de bénéficier du soutien direct de Kigali. Depuis fin 2021, la rébellion s'est emparée de vastes territoires dans l'est, provoquant le déplacement de centaines de milliers de civils et une crise humanitaire majeure.

Pour Kinshasa, la décision de Washington marque un tournant. Elle officialise au plus haut niveau ce que les autorités congolaises dénoncent depuis des années : l'implication directe de l'armée rwandaise dans la déstabilisation de sa région orientale. Reste à savoir si l'Europe suivra cette trajectoire pour accentuer la pression sur Kigali.

La Rédaction 
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