Les salariés congolais de Kamoto Copper Company (KKCC), une société de sous‑traitance de MANONO LITHIUM, se sont mobilisés dans les rues mercredi 15 avril pour dénoncer des retenues salariales qu’ils jugent excessives.
Poussés à bout, les travailleurs ont d'abord provoqué des incidents dans la concession de l'entreprise, puis ont envahi les rues pour une manifestation bruyante. Ces employés exaspéré, dont la rémunération est au départ précaire, ont embrasé un véhicule de l'entreprise au cœur d'un climat explosif.
Les forces de l'ordre ont intervenu avec des gaz lacrymogènes pour juguler la colère et éviter le chaos.
Selon le syndicat, cette rétention sur leurs fiches de paie, dépasserait le plafond légal de 3%, avec des montants prélevés s’échelonnant entre 84.000 et 130.000 francs congolais, ce qu’ils qualifient d’«irrégularité manifeste et de spoliation de leurs salaires».
Selon une source proche, ces fonds ont été déduits pour répondre à la réglementation fiscale relative à l’impôt professionnel sur les rémunérations (IPR), prélevé directement sur la masse salariale .
Vêtus de leurs combinaisons professionnelles, casquettes fermement enfilées, les protestataires ont convergé vers le bureau du territoire pour exprimer leur exaspération, et presser l'administrateur d'agir de son plein poids pour une issue favorable.D'après les témoins, les premiers échanges ont eu lieu entre les autorités et la société incriminée pour prélèvements «indus» sur les salaires de ses employés, afin de cerner précisément les contours du dossier.
Questionnée à ce propos, la direction générale des Impôts (DGI) a indiqué que KKCC fait l'impasse sur ses cotisations fiscales depuis cinq ans déjà.
Certains observateurs craignent que cette retenue sur salaire, censée couvrir les obligations des impôts, ne soit qu'un vol déguisé, institué par des dirigeants traînant des arriérés fiscaux pluriannuels.
Ildephonse WILONDJA
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