À Kinshasa, la tension politique continue de monter. La coalition dite « Article 64 » (C64), récemment mise en place par des figures de l’opposition, a annoncé l’organisation d’une journée « ville morte » ce mercredi 3 juin sur l’ensemble du territoire national.
Dans un communiqué, cette plateforme affirme vouloir protester contre ce qu’elle qualifie de « rébellion » du président Félix Tshisekedi contre la Constitution. Elle accuse également le chef de l’État d’avoir « partagé la gestion du pays » avec son homologue rwandais, Paul Kagame.
Des accusations graves qui, à ce stade, n’ont pas été accompagnées de preuves rendues publiques. Aucune réaction officielle de la présidence n’avait encore été enregistrée au moment de la publication.
Une mobilisation à haut risque
L’appel à la « ville morte » intervient dans un contexte de forte polarisation politique en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs semaines, les tensions entre la majorité au pouvoir et une frange de l’opposition se sont accentuées, notamment autour des débats sur une éventuelle révision constitutionnelle.
La C64, qui regroupe plusieurs figures politiques de premier plan, entend ainsi peser dans le rapport de force en mobilisant la population. Mais cette stratégie n’est pas sans risques.
Par le passé, des journées de « ville morte » ont parfois donné lieu à des perturbations économiques importantes, voire à des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre.
Un climat politique sous pression
À quelques jours de l’échéance annoncée, les regards sont tournés vers Kinshasa et les principales villes du pays, où l’ampleur de la mobilisation sera scrutée de près.
Si certains observateurs y voient un test de la capacité de mobilisation de l’opposition, d’autres redoutent une montée des tensions susceptible de fragiliser davantage le climat politique.
Dans ce contexte, l’absence de dialogue direct entre les différents acteurs politiques continue d’alimenter les incertitudes.
Entre stratégie politique et enjeu de stabilité
L’initiative de la C64 s’inscrit dans une dynamique de confrontation politique assumée. Reste à savoir si cette journée du 3 juin marquera un tournant dans le bras de fer entre pouvoir et opposition, ou si elle contribuera à durcir encore davantage les positions.
Une chose est certaine : dans un pays où les équilibres politiques restent fragiles, chaque appel à mobilisation peut avoir des répercussions bien au-delà de la sphère politique.
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