À l’approche d’une période décisive pour des milliers d’élèves congolais en pleine préparation d’examens, l’appel à une journée « ville morte » lancé par Martin Fayulu provoque une vive controverse à Kinshasa.
Une décision qui choque les parents
Dans de nombreux foyers, l’incompréhension est totale. Comment demander aux parents de garder leurs enfants à la maison au moment même où chaque heure de cours compte ?
Pour beaucoup, cette initiative dépasse le cadre politique et touche directement à l’avenir des jeunes. Car derrière chaque journée d’école perdue, c’est une opportunité d’apprentissage en moins, dans un système éducatif déjà fragilisé.
Les élèves, premières victimes collatérales
Ce sont surtout les enfants issus de familles modestes qui risquent de payer le prix fort. Contrairement à certains milieux privilégiés, où la continuité éducative est assurée à l’étranger ou dans des structures mieux encadrées, la majorité des élèves kinois dépend entièrement du calendrier scolaire local.
La question dérange : peut-on appeler à la paralysie d’une ville sans mesurer l’impact sur ceux qui construisent leur avenir ?
Une économie déjà fragile sous pression
Au-delà des écoles, c’est toute la vie socio-économique qui pourrait être affectée. Les vendeuses des marchés, les travailleurs journaliers, les petits commerçants… tous dépendent de leur activité quotidienne pour survivre.
Dans un contexte déjà marqué par de nombreuses difficultés, l’idée d’une ville à l’arrêt inquiète.
Une stratégie contestée
Pour plusieurs observateurs, cette démarche s’inscrit dans une logique de pression politique qui risque d’aggraver les tensions plutôt que de les apaiser.
« Le débat démocratique doit se faire par les idées, pas en paralysant la vie des citoyens », estime un analyste de la place.
Entre engagement politique et responsabilité nationale
Alors que le pays fait face à d’importants défis, notamment sécuritaires et économiques, certains estiment que les priorités devraient être ailleurs : éducation, travail, stabilité.
Le contraste est d’autant plus frappant que, pendant que certains élèves risquent de manquer les cours, d’autres, issus de familles aisées, poursuivent leur scolarité sans interruption à l’étranger.
Le choix du 3 juin
Le 3 juin apparaît désormais comme un test grandeur nature.
Suivre le mot d’ordre ou poursuivre les activités normales ?
Pour de nombreux Congolais, la réponse est claire : privilégier l’école, le travail et la construction de l’avenir.
Car au-delà des clivages politiques, une conviction semble s’imposer : la République démocratique du Congo a besoin d’avancer, pas de s’arrêter.
Rédaction
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