La RDC a expédié mercredi 22 juillet sa première cargaison de lithium concentré vers le marché international.
Un navire imposant est parti de Kalemie, en direction de Kigoma en Tanzanie, un itinéraire de transit obligatoire d’où la marchandise rejoindra l’océan Indien via Dar es Salaam. C’était une occasion de valoriser le nouveau port érigé à Mtoa à Kalemie destiné à jouer un rôle de hub logistique pour l’exportation vers les pays de la région et les flux inverses. Il s'agit d'un port adapté à la réception de bâtiments de fort tonnage, 2000 tonnes ou plus.
C’est un tournant historique, la RDC ouvre désormais l’accès mondial à ce minerai stratégique au cœur des révolutions automobile et énergétique. Elle est souvent décrite comme disposant d’un potentiel exceptionnel en lithium. Le gisement de Manono, seul, dans le Tanganyika, recenserait 44,6 millions de tonnes de réserves prouvées et 48,5 millions de tonnes de réserves probables, des chiffres qui en feraient la plus vaste réserve connue.
La vente du lithium perçue comme un levier de développement local
Le lithium de Manono cristallise à la fois l’espoir d’un essor provincial et les inquiétudes liées à la gouvernance de cette richesse stratégique.
Si sa mise en exploitation est présentée comme une chance de réduire la pauvreté et d’améliorer les conditions de vie des ménages, la décision de l'entreprise Chinoise Zijin mining group, associée à la société congolaise cominière, de monopoliser la commercialisation alimente les craintes d’un affaiblissement du contrôle de l’État sur le prix et sur la valeur réelle générée par la filière.
Pour éviter que cette manne minière ne profite surtout à l'entreprise étrangère au détriment de l'État congolais, certains observateurs appellent les autorités à instaurer des audits sérieux et systématiques pour capter une part juste de la valeur générée par la vente de lithium.
Ildephonse WILONDJA
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