Dans une déclaration publique rendue le 18 septembre, la structure « Pour la Défense du Pacte républicain » s'oppose fermement au dialogue national envisagé en République démocratique du Congo. Les laïcs catholiques y voient une manœuvre destinée à faciliter un changement constitutionnel et, à terme, un troisième mandat présidentiel.
Un processus jugé biaisé dès l'origine
Les laïcs catholiques congolais ne mâchent pas leurs mots. Réunis au sein de la structure « Pour la Défense du Pacte républicain », ils estiment que le dialogue national actuellement envisagé en RDC servirait de « soubassement au projet macabre de changement constitutionnel ». Selon eux, cette initiative n'a qu'un objectif réel : ouvrir la voie à un troisième mandat présidentiel, en contradiction avec l'esprit de la Constitution de 2006.
Dans leur prise de position, ils articulent leur opposition autour de trois préoccupations principales.
Trois points de blocage majeurs
Premièrement, le maintien du projet de loi sur le référendum. Les laïcs catholiques en réclament purement et simplement le retrait, considérant cet instrument comme le vecteur principal d'une modification constitutionnelle qu'ils rejettent.
Deuxièmement, l'absence des populations du Grand Kivu sous occupation dans le processus. Cette exclusion suscite chez eux de vives inquiétudes quant au risque de « balkanisation » du pays et pose avec acuité la question de l'inclusivité du dialogue national.
Troisièmement, les consultations préalables annoncées dans les 26 provinces. Loin d'y voir une démarche démocratique, la structure les qualifie de «manœuvre politique » destinée à préparer le terrain à des changements institutionnels qu'elle conteste.
Défense du Pacte de Sun City et de la Constitution de 2006
La structure affirme que le processus envisagé risque de porter atteinte aux acquis du Pacte de Sun City ainsi qu'à la Constitution de 2006. Elle dit, par conséquent, refuser de «cautionner cette forfaiture ».
Face à cette situation, les laïcs catholiques appellent à une mobilisation citoyenne afin d'obtenir le retrait du projet de loi sur le référendum. Ils proposent également une autre approche pour les discussions nationales : un dialogue facilité par l'Union africaine, avec une médiation assurée par la CENCO et l'ECC.
Un rapport annoncé sur la marche du 15 septembre
Par ailleurs, la structure « Pour la Défense du Pacte républicain » annonce la publication d'un rapport consacré aux violations présumées des droits humains lors de la marche organisée le 15 septembre par la Coalition Article 64. Ce document devrait notamment revenir sur les conditions dans lesquelles cette manifestation s'est déroulée et établir, selon ses auteurs, les faits qu'ils considèrent comme des atteintes aux droits des manifestants.
Une pression maintenue sur les autorités
À travers cette déclaration, les laïcs catholiques entendent maintenir la pression sur les autorités congolaises. Ils réclament un processus de dialogue qu'ils souhaitent davantage inclusif et encadré par des acteurs qu'ils jugent indépendants. Cette prise de position intervient alors que le débat sur l'organisation d'un dialogue national suscite des réactions divergentes au sein de la classe politique et de la société civile congolaises, signe que la question reste loin d'être tranchée.
Ali Haddad
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