Face à la suspension des activités académiques dans plusieurs établissements publics des villes de Goma et Bukavu, l’autorité provinciale invite à ne pas faire de l’école une victime collatérale des luttes politiques.
Le porte-parole du gouverneur du Nord-Kivu, Lumumba Kambere Muyisa, a lancé, ce mercredi 26 août, un vibrant appel à la préservation du secteur éducatif, alors que les tensions politiques et sécuritaires continuent de secouer l’est de la République démocratique du Congo.
Dans une déclaration officielle consacrée à la situation académique dans les deux principales villes du Kivu, il a fermement condamné toute tentative d’instrumentaliser le calendrier scolaire à des fins de règlement de comptes politiques. «L’éducation doit rester au-dessus des clivages et des divergences politiques », a-t-il martelé, estimant qu’aucun différend entre dirigeants ne saurait justifier le sacrifice de l’année académique 2026-2027.
Une génération prise en otage ?
Pour M. Kambere Muyisa, les étudiants ne doivent en aucun cas payer le prix d’une crise qui les dépasse. Il dénonce implicitement la décision de suspendre les cours dans plusieurs écoles et universités publiques de Goma et Bukavu, une mesure qui, selon lui, transforme l’avenir de milliers de jeunes en « variable d’ajustement » des conflits entre adultes.
« Préserver les activités éducatives, c’est protéger l’avenir de toute une génération et, au-delà, celui de la nation congolaise tout entière », a-t-il soutenu, appelant toutes les parties prenantes – autorités nationales, acteurs locaux et mouvements armés – à garantir la neutralité et la sécurité des établissements scolaires.
Un contexte régional sous tension
Cette prise de parole intervient alors que la région du Nord-Kivu et du Sud-Kivu est régulièrement secouée par des affrontements armés et des rivalités géopolitiques complexes. La suspension des activités académiques, bien que non explicitement justifiée par les autorités éducatives nationales, est perçue par de nombreux observateurs comme une conséquence directe de l’instabilité chronique qui fragilise l’est du pays.
Les associations d’étudiants de Goma et Bukavu ont déjà exprimé leur inquiétude face à cette interruption brutale, tandis que les parents d’élèves redoutent une année blanche aux conséquences sociales désastreuses.
Un plaidoyer aux allures d’ultimatum
Si l’appel du porte-parole du gouverneur revêt une forte portée morale, il reste néanmoins un acte de sensibilisation. Sa mise en œuvre effective dépend désormais de la volonté du gouvernement central, à Kinshasa, et des groupes armés présents sur le terrain, de désescalader les tensions et de rouvrir les portes des écoles.
En attendant, la communauté éducative du Kivu retient son souffle, espérant que la raison l’emportera sur les armes et les calculs politiques.
Ali Haddad
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