RDC | RN5 Uvira–Baraka : 26 barrières, 89 km de calvaire, MACHOZI YA RAÏYA tire la sonnette d’alarme

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Entre route délabrée, tracasseries à répétition et transport lacustre dangereux, le trajet Uvira–Baraka est devenu un véritable chemin de croix. Le Mouvement Citoyen MACHOZI YA RAÏYA, par la voix de son coordonnateur Mussa Ali Rutama, dénonce une situation intenable et appelle à des mesures urgentes.

Une route stratégique transformée en parcours du combattant

Sur les 89 kilomètres de la Route Nationale n°5 (RN5) reliant Uvira à Baraka, un chiffre choque : 26 barrières sont érigées le long du tronçon.
Une moyenne alarmante d’une barrière tous les 3,42 kilomètres.

«Nous assistons à une véritable industrialisation des barrières illégales. Ce qui devrait être une route de développement est devenu un couloir d’extorsion organisé», déplore Mussa Ali Rutama, du mouvement citoyen MACHOZI YA RAÏYA.

Fait étonnant, un trajet qui devrait prendre 3 à 4 heures s’étire désormais entre 7 et 8 heures, dans les deux sens.

Racket et tracasseries : le ras-le-bol général

Selon le mouvement, ces barrières sont majoritairement fixées à 1 000 francs congolais et seraient installées illégalement par certains éléments des FARDC ainsi que par des groupes dits Wazalendo.
Au-delà de la question financière, ce sont surtout les humiliations quotidiennes qui révoltent les usagers.

«Chaque barrière est une épreuve. Les passagers sont arrêtés, contrôlés, parfois intimidés. Le voyage devient une succession de stress et d’abus», insiste Mussa Ali Rutama.

Une route en ruine qui aggrave la crise
À ces barrières s’ajoute un autre facteur aggravant : l’état catastrophique de la chaussée, non asphaltée et fortement dégradée.
La RN5, pourtant vitale pour les échanges entre Uvira et Baraka, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu, ne remplit plus sa mission.

«On ne parle plus de route, mais de piste. Même sans barrières, la dégradation seule suffirait à ralentir toute circulation», souligne le mouvement.

Le lac Tanganyika : une fuite risquée

Face à cette situation, de plus en plus d’habitants se tournent vers le transport lacustre sur le lac Tanganyika.

Mais là encore, les conditions sont loin d’être rassurantes :
• absence de liaison régulière,
• embarcations lentes et inadaptées,
• surcharge chronique des passagers.

«Un bateau conçu pour 40 personnes en transporte parfois jusqu’à 100. C’est une bombe flottante», alerte Mussa Ali Rutama.

Ce recours au lac, censé être une alternative, devient ainsi un risque supplémentaire pour les populations.

Responsabilités locales et manque d’investissements

Le mouvement citoyen pointe également du doigt le faible engagement de certaines communautés locales dans le développement économique, notamment dans le secteur du transport.

«Si les communautés locales investissaient davantage dans le transport lacustre, nous aurions aujourd’hui une alternative crédible et sécurisée», affirme Mussa Ali Rutama.

Selon MACHOZI YA RAÏYA, un effort collectif des opérateurs économiques pourrait transformer durablement la mobilité dans la région.

Un appel urgent aux autorités

Face à ce tableau alarmant, le mouvement lance un appel clair et ferme aux autorités provinciales et nationales :

• Démantèlement immédiat de toutes les barrières illégales sur la RN5,
• Réhabilitation urgente de la route Uvira–Baraka,
• Mise en place rapide d’une liaison lacustre régulière, sécurisée et subventionnée.

«La population ne demande pas l’impossible. Elle demande simplement de voyager dignement, sans payer des taxes illégales ni risquer sa vie», conclut Mussa Ali Rutama.

Voyager ne devrait pas être un supplice

Aujourd’hui, parcourir les 89 kilomètres entre Uvira et Baraka relève de l’endurance. Entre racket, insécurité et manque d’infrastructures, les populations paient le prix d’un abandon prolongé.
L’urgence n’est plus à l’observation, mais à l’action.
Car derrière chaque barrière, chaque retard, chaque embarcation surchargée… ce sont des vies qui sont mises en danger.

Et comme le rappelle le mouvement MACHOZI YA RAÏYA : «La route doit relier les peuples, pas les épuiser.»

Fatshi BWANGA 
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