RDC-RWANDA : En posant la question des FDLR à Genève, Kinshasa démontre sa bonne foi et met Kigali face à ses responsabilités

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​Plus d'un an après la signature de l'accord de paix de Washington, le chemin vers une stabilité durable dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC) se poursuit, non sans soubresauts. Les 12 et 13 août 2026, la ville de Genève a abrité la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité (MCCS). 

​Au-delà des habituels discours diplomatiques, cette session a acté un tournant majeur : en présentant officiellement son plan de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) ciblant les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), la RDC a magistralement pris l'initiative, démontrant une fois de plus son attachement indéfectible à la paix, tout en privant ses détracteurs de tout faux-fuyant. 

​Un plan DDR rigoureux : Kinshasa passe de la parole aux actes

​Durant ces assises suisses, qui ont réuni les délégations congolaise, rwandaise ainsi que les médiateurs internationaux (États-Unis, Qatar, Togo et l'Union africaine), la RDC a mis cartes sur table. Le plan de neutralisation et de réintégration de ce groupe armé rebelle étranger, élaboré avec l'expertise technique de la MONUSCO, a été détaillé avec précision.

​En s'emparant frontalement de ce dossier épineux, Kinshasa envoie un message fort :

• ​La fin des prétextes : La présence des FDLR dans l'est du pays a trop souvent servi d'argument commode pour justifier des ingérences ou des mouvements de troupes transfrontaliers. En encadrant strictement leur désarmement, l'État congolais retire définitivement ce prétexte à Kigali.
 
• ​La souveraineté affirmée : Ce plan illustre la volonté de l'exécutif congolais de restaurer l'autorité de l'État sur l'ensemble de son territoire national, sans sous-traiter sa sécurité à des puissances tierces.

​«En posant la question des FDLR dans un cadre institutionnel et vérifiable, la RDC démontre que sa diplomatie n'est pas dans l'évitement, mais dans la recherche de solutions structurelles et définitives.»
  
​Vers un contrôle rigoureux et une révision opérationnelle

​La réunion de Genève ne s'est pas limitée à la question des FDLR. Les deux États ont également convenu de renforcer l'architecture de vérification des engagements de terrain. Face aux violations passées et à la méfiance chronique, la mise en place de protocoles de surveillance stricts, dont l'examen est confié aux États-Unis en vue de la prochaine échéance de septembre, constitue une victoire pour la transparence prônée par Kinshasa. 

​La programmation d'une conférence trilatérale de planification en octobre prochain pour réviser l'ordre opérationnel (OPORD) prouve que la RDC aborde ce processus avec pragmatisme et méthode.

​L'État congolais, architecte crédible de la paix

​Tandis que le Rwanda multiplie parfois les critiques de surface face à cette démarche méthodique, l'attitude de Kinshasa tranche par sa maturité politique. En acceptant le jeu de la transparence internationale, la RDC met son voisin face à ses propres obligations découlant des accords de Washington : lever ses mesures défensives, cesser tout soutien aux supplétifs armés qui meurtrissent le Kivu, et s'engager loyalement pour la réconciliation régionale.  

​La paix ne se décrète pas, elle se bâtit sur des actes irréfutables. À Genève, la RDC a prouvé qu'elle tenait la boussole de la vérité et de l'action. Il appartient désormais à la communauté internationale de veiller à ce que chaque partie prenne sa part de responsabilité pour que, enfin, les armes se taisent définitivement à l'est.

Fatshi BWANGA 

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