Le secrétaire général et président par intérim de l’UDPS/TSHISEKEDI, Augustin KABUYA TSHILUMBA, hausse le ton contre Jean-Claude KATENDE. Dans une réponse publiée après une prise de position de ce dernier sur les comportements attribués à des militants de l’ECIDE de Martin Fayulu, le responsable de l’UDPS dénonce ce qu’il considère comme une approche à géométrie variable lorsqu’il s’agit de son parti et du pouvoir en place.
Dans sa mise au point, Augustin Kabuya estime que Jean-Claude Katende ne ferait pas preuve de la même rigueur lorsqu’il est question de l’UDPS/TSHISEKEDI, de sa propre personne ou du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.
«L’opinion publique a d’ores et déjà identifié votre méthode ainsi que vos préjudices envers l’autorité du Président de la République», affirme Augustin KABUYA TSHILUMBA.
Kabuya dénonce une «justice sélective»
Le secrétaire général de l’UDPS revient notamment sur plusieurs incidents impliquant, selon lui, des groupes se réclamant de différentes formations ou structures politiques.
Il reproche à Jean-Claude Katende d’avoir insisté sur le cas des militants de l’ECIDE tout en passant sous silence, dans son analyse, d’autres interpellations opérées par la Police nationale congolaise.
«Nous avons soulevé le cas d'un groupe d'inciviques qui terrorisait la population en se réclamant de la Force du Progrès à Bandalungwa (...) ainsi qu'un autre groupe de délinquants provoquant des troubles à l'UPN sous l'étiquette de l'UDPS/TSHISEKEDI », écrit-il.
Pour Augustin Kabuya, cette omission contribue à donner une lecture partiale des faits.
«Vous avez délibérément omis ces éléments (...) ; à ce titre, votre mutisme actuel est injustifiable et nous regrettons votre justice sélective», lance-t-il à l’endroit de Jean-Claude Katende.
«Comment pourrais-je vous saisir ?»
Augustin Kabuya conteste également la demande qui aurait été formulée à son endroit concernant une éventuelle saisine. Il rappelle que Jean-Claude Katende n’exerce pas, selon lui, une fonction judiciaire qui permettrait de lui demander de jouer un rôle de monitoring ou de saisine.
« Comment pourrais-je vous saisir alors que vous ne revêtez aucune fonction judiciaire ? », interroge-t-il.
Dans la même correspondance, le dirigeant de l’UDPS évoque également les prises de position de Jean-Claude Katende à l’égard du régime Tshisekedi et affirme que ses publications permettent, selon lui, de comprendre son positionnement politique.
Il évoque notamment les liens que Jean-Claude Katende entretiendrait avec l’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, tout en contestant la neutralité de certaines de ses analyses relatives aux droits de l’homme.
Un face-à-face politique qui s’intensifie
Au-delà du différend entre les deux personnalités, cette sortie d’Augustin Kabuya illustre une nouvelle fois la tension qui entoure le débat politique en RDC, particulièrement autour de la question du traitement des actes de violence ou d’incivisme commis par des militants ou des groupes se réclamant de formations politiques.
Le secrétaire général de l’UDPS appelle finalement son interlocuteur à assumer ses prises de position publiques.
«Il vous appartient d’assumer vos publications, car c’est par elles que chacun a saisi votre mode de fonctionnement et les intérêts que vous servez», conclut Augustin Kabuya Tshilumba.
Une réponse au ton particulièrement ferme qui relance le débat sur la responsabilité des acteurs politiques, des organisations de la société civile et des observateurs face aux violences et aux dérives attribuées aux militants des différentes familles politiques congolaises.
Augustin KABUYA TSHILUMBA, secrétaire général et président par intérim de l’UDPS/TSHISEKEDI, signe ainsi une mise au point sans détour, assumant ouvertement la défense du parti présidentiel et de Félix Antoine Tshisekedi face à ce qu’il qualifie de traitement politique à géométrie variable.
Fatshi Bwanga
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