Libéré cet après-midi après 24 heures de détention, l'avocat saliboko Saïdi Corneille est au centre d'une polémique à Kalemie.
Le conseil de l'ordre des avocats du Tanganyika qualifie son arrestation d'illégale, provoquant une vive réaction : avocats et stagiaires ont investi le parvis du palais de justice ce matin 28 août pour réclamer sa libération sans conditions. Ils pointent du doigt des vices de procédure et dénoncent une interpellation menée manu militari, ordonnée par le procureur général près la Cour d'appel du Tanganyika.
L’avocat a été arrêté à l’issue d’un incident violent à la cité opposant ses clients et la partie adverse, en marge d'un procès en cours, rapporte une source proche au dossier.Convaincu de sa responsabilité dans la bagarre liée au litige judiciaire, le parquet a requis son arrestation.
Il a été appréhendé en plein exercice, sans notification immédiate au bâtonnier, précisent les manifestants.
«Ce qui est curieux ce que les auteurs eux-mêmes n'ont pas été inquiétés mais on a préféré arrêté le confrère. Il était en toge et il cherchait à rencontrer le procureur au sujet du dossier. Les affaires des parties (au procès) ne concernent pas les avocats. On n'a pas compris comment il a agi de la sorte», s'indigne maître Bavon Kalinde.
Le conseil de l'ordre, par la voix de son bâtonnier, a qualifié cette procédure d'illégale et d'atteinte au statut et aux garanties déontologiques de la profession.
«Un acte attentatoire à la dignité , à l'honneur à l'indépendance de la profession d'avocat», affirme son communiqué du jeudi 27 août, qui recommande à tous les avocats de boycotter les activités juridiques jusqu'à ce que l'inculpé soit relâché. Selon eux, il est essentiel de sauvegarder la crédibilité du corps de métier face à une situation qu’ils estiment profondément humiliante.
L'enjeu est de «défendre l'intégrité du corps professionnel face à cette humiliation inadmissible», a souligné le barreau.
Ildephonse WILONDJA
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