RDC | « Fayulu, plus dangereux que le diable ?» : quand Mukwege s’insurge contre un dialogue jugé dangereux

Kit-infos.net
0
Le débat politique en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus incendiaire. Une déclaration choc attribuée à  visant  embrase l’opinion : « c’est être plus dangereux que le diable ». Une formule brutale, révélatrice des fractures profondes qui divisent l’opposition congolaise sur la question du dialogue avec les acteurs de la crise à l’Est.

Le dialogue de la discorde

Au cœur de la controverse : la volonté de certains acteurs politiques d’inclure  et  dans un éventuel dialogue national. Une ligne rouge pour Denis Mukwege, qui rappelle avec gravité le lourd passif de violences dans l’Est du pays.
Selon lui, les crimes documentés, massacres, viols, déplacements massifs de populations, ne peuvent être balayés par une simple logique de compromis politique. 

«Tous les rapports internationaux ont identifié les auteurs des crimes à l’Est de la RDC», insiste-t-il, rejetant toute tentative de « blanchiment » par le dialogue.

Une accusation lourde de sens

C’est dans ce contexte que la position de Martin Fayulu est violemment critiquée. En défendant un dialogue incluant Kabila et Nangaa, l’opposant est accusé de minimiser la gravité des crimes et d’ouvrir la porte à une forme d’impunité.

Mukwege va plus loin, s’interrogeant : «Trouvez-vous normal qu’un ancien chef d’État crée une rébellion contre son propre peuple ?» Une question qui vise directement Joseph Kabila, soupçonné par certains d’entretenir des liens avec des mouvements armés.
Pour le prix Nobel, soutenir un dialogue sans préalable de justice reviendrait à trahir les victimes. D’où cette phrase choc, à forte charge émotionnelle et politique : « Il n’y aura jamais de dialogue sans Kabila et Nangaa… c’est être plus dangereux que le diable. »

Entre justice et realpolitik

Cette sortie illustre un clivage fondamental : faut-il privilégier la paix immédiate, quitte à composer avec des figures controversées, ou exiger d’abord justice pour les crimes commis ?
Martin Fayulu semble opter pour une approche pragmatique, estimant qu’aucune solution durable ne peut être trouvée sans inclure tous les acteurs clés. À l’inverse, Denis Mukwege défend une ligne morale stricte : pas de paix sans justice.

Un avertissement pour l’avenir

Au-delà de la polémique, le message de Mukwege se veut aussi un avertissement politique : diriger la RDC exige, selon lui, un profond attachement au peuple et une sensibilité aux souffrances vécues.

«Si vous voulez diriger ce pays, demandez d’abord à Dieu de vous donner un cœur qui aime la population», conclut-il, laissant entendre que certaines ambitions politiques pourraient, sans cela, engendrer davantage de drames.

Dans un pays encore meurtri par des décennies de conflits, ces déclarations rappellent une réalité incontournable : en RDC, la paix reste indissociable de la justice. Et toute tentative de raccourci politique risque d’enflammer davantage un terrain déjà fragile.
Tags

Enregistrer un commentaire

0Commentaires

Please Select Embedded Mode To show the Comment System.*