L'ancien gouverneur du Kasaï-Oriental et actuel sénateur, Alphonse Ngoy Kasanji, brise le silence et livre une version des faits qui scandalise déjà le microcosme sportif congolais.
Une « option politique » déjà arrêtée
Alors que les retraits successifs des prétendants au fauteuil présidentiel avaient été pudiquement mis sur le compte de «convenances personnelles», la déclaration attribuée au sénateur Ngoy Kasanji vient jeter un pavé dans la mare. L'homme politique affirme sans détour avoir renoncé à sa candidature sous la pression d'un arbitrage étatique préalable.
«J’avais constaté que, sur le plan politique, une option avait déjà été levée et qu’il m’était difficile d’aller à l’encontre de cette décision. J’avais échangé avec le ministre des Sports à ce sujet, et il m’avait clairement indiqué que le choix politique était déjà fait. Je ne voulais pas entrer en compétition avec une option qui, politiquement, avait déjà été arrêtée.»
Cette révélation fait l'effet d'une bombe. Si ces propos sont avérés, le scrutin du 20 mai 2026, qui a vu l'élection de Véron Mosengo en qualité de candidat unique, ne serait que le couronnement d'un scénario écrit en amont dans les cabinets ministériels.
Le spectre du sur-mesure et l'impartialité en question
Cette sortie médiatique ravive d'anciens soupçons et réveille des griefs que beaucoup pensaient enfouis :
● La révision statutaire de 2022 : Les détracteurs du nouveau comité n'ont jamais cessé de dénoncer un toilettage des textes taillé sur mesure pour baliser la voie à l'ancien secrétaire général de la CAF.
● Le conflit d’intérêts perçu : La double casquette de Mosengo, haut cadre de la CAF au moment d'engager sa campagne, avait déjà fait planer un doute sur l'impartialité des organes de contrôle de la FIFA et de la CAF.
● L’alignement des désistements : Le retrait en cascade de figures majeures du football local prend aujourd'hui une tout autre impression au regard des aveux de Ngoy Kasanji.
La crédibilité du football congolais en jeu
Il convient de garder la mesure qu'impose l'éthique journalistique : les propos d'Alphonse Ngoy Kasanji, bien que graves, restent une déclaration unilatérale. Ni le ministère des Sports ni le nouveau bureau de la FECOFA n'ont pour l'heure réagi à ces accusations.
Néanmoins, le doute est instillé. Quelle était la nature exacte de cette « option politique » ? Qui en était l'instigateur ? Si la désignation des dirigeants sportifs de la RDC dépend désormais de choix politiques plutôt que du libre jeu démocratique des urnes, c'est l'autonomie même du sport congolais qui est sous tutelle. Une situation d'autant plus périlleuse qu'elle expose la FECOFA aux sanctions des instances internationales, historiquement intraitables face à l'ingérence des États.
Zéphyr KANINDA MUKANYA
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