«Justice pour Manassé !» L’appel résonne sur les réseaux sociaux et dans les états-majors politiques.
Mais au-delà de l’émotion suscitée par le décès de ce jeune militant au lendemain de la marche du 15 septembre, une question fondamentale se pose : de quoi Manassé Lomboto est-il réellement mort ?
Alors que Prince Epenge accuse ouvertement les forces de l'ordre d'une agression sauvage, la rue et l'opinion publique s'impatientent et exigent des preuves tangibles.
Où sont les images, les témoignages et l'autopsie ?
Dans un contexte sociopolitique où le moindre incident est quasi instantanément filmé et diffusé, le silence visuel autour de cette affaire intrigue. De la tragique disparition de Rosy Mukendi à celle de Thérèse Kapangala, l'histoire récente a montré que les rassemblements de l'opposition sont systématiquement documentés sous tous les angles. Pourquoi, cette fois-ci, aucune séquence montrant l'agression, l'heure exacte ou le lieu précis du drame n'a-t-elle été rendue publique ?
Pour faire la lumière sur cet événement, plusieurs éléments factuels manquent encore à l'appel :
° Les preuves vidéo : la diffusion des séquences brutes de l'incident.
° Le rapport médical : un certificat ou un rapport d'autopsie établissant scientifiquement la cause du décès.
° La cohérence des faits : des explications claires sur les circonstances qui ont mené au tabassage présumé d'un garde du corps alors que les cadres politiques à ses côtés sont sortis indemnes.
Entre recherche de justice et instrumentalisation politique
À force de vouloir pointer du doigt le pouvoir à la moindre occasion, l'opposition ne risque-t-elle pas de verser dans la récupération politicienne ? Exiger justice exige d'abord de faire éclater la vérité basée sur des faits vérifiables et non sur des narratifs militants.
Si agression il y a eu, que les coupables soient identifiés et traduits en justice, quel que soit leur camp. Mais alimenter la confusion et fabriquer un martyr sans apporter d'éléments matériels constitue un manque de respect envers la mémoire du défunt. Prince Epenge est désormais face à ses responsabilités : pour honorer la mémoire de Manassé Lomboto, il doit publier les preuves. Justice oui, mais d'abord la vérité !
RLM
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