L'opposant congolais Delly Sesanga dénonce une différence de traitement entre les manifestations de l'opposition et celles du parti au pouvoir, dénonçant un « deux poids, deux mesures » dans l'exercice des libertés publiques.
Dans une déclaration publique, l'ancien candidat à la présidentielle a réagi à la marche organisée par l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti présidentiel. Tout en reconnaissant à cette formation le droit de manifester, il a insisté sur le fait que ce droit ne saurait devenir l'apanage d'une seule frange de l'échiquier politique.
« Que l'UDPS marche aujourd'hui : c'est son droit. Mais, en démocratie, ce droit ne peut devenir le privilège exclusif du parti au pouvoir », a-t-il affirmé.
Une comparaison avec la marche de l'opposition
Delly Sesanga fait notamment référence à la répression d'une marche pacifique de l'opposition intervenue une semaine auparavant. Il oppose cette situation à l'encadrement dont bénéficie, selon lui, la manifestation du parti au pouvoir, qui a pu compter sur un itinéraire concerté et un dispositif sécuritaire.
Pour l'opposant, cette différence de traitement constitue une violation du principe d'égalité devant la loi. Il estime que les mêmes garanties doivent s'appliquer aux gouvernants comme à leurs adversaires politiques, sans distinction.
Une « mise en scène politique »
Au-delà de la question de l'encadrement, Delly Sesanga dénonce ce qu'il qualifie de mise en scène politique destinée à donner une image de mobilisation populaire autour du pouvoir en place.
« Lorsque la rue est interdite à l'opposition, mais aménagée pour le parti au pouvoir, la démocratie n'est plus qu'un discours creux », conclut-il.
Un contexte de tensions
Cette sortie de Delly Sesanga intervient dans un contexte marqué par des tensions autour de l'exercice du droit de manifestation en République démocratique du Congo. L'opposition dénonce régulièrement le traitement réservé à ses activités publiques, tandis que les autorités invoquent des impératifs d'ordre public et de sécurité.
Le débat sur l'égalité d'accès à l'espace public et sur le respect des libertés fondamentales reste ainsi au cœur des préoccupations politiques dans le pays.
Ali Haddad
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