RDC | l’Est dans l’abîme : Du papier à l'enfer, l'illusion creuse des traités de paix

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Alors que l’aube se lève sous un ciel chargé de fumées d’artillerie, le constat s’impose avec une brutalité inouïe : les accords de Washington, Doha et Luanda ne sont plus que des chiffons de papier. Cette semaine, le Conseil de sécurité de l’ONU a été le théâtre d’un réquisitoire d’une rare âpreté, tandis que sur le terrain, la guerre et les épidémies continuent de faucher des lives avec une régularité mécanique.

​Kinshasa dénonce « les pompiers-incendiaires »

​Devant les membres du Conseil de sécurité, le représentant permanent de la RDC, Zenon Mukongo, a lancé une accusation d’une gravité extrême à l’encontre de Kigali. 

«Le Conseil ne peut tolérer que certains membres jouent simultanément les pompiers et les incendiaires», a-t-il martelé, exigeant la suspension du Rwanda des troupes de maintien de la paix de l’ONU.
​Kinshasa rappelle que la résolution 2773 exigait le retrait du M23 et la fin du soutien rwandais des obligations demeurées inexécutées.Pire encore, le gouvernement congolais affirme qu’un drone TB2 rwandais a frappé des positions à Pinga (Nord-Kivu), faisant 5 morts et 8 blessés graves.

​Le représentant de l'ONU, James Swan, a douché les espoirs diplomatiques en confirmant l'évidence : «Les combats se sont poursuivis sans relâche».
Près d’un an après l'accord de Washington, la coalition M23/AFC contrôle de vastes portions du Nord-Kivu, pendant que les affrontements redoublent dans le Sud-Kivu autour de Minembwe.

​L'enfer humanitaire et sanitaire

​Les statistiques dressent un tableau apocalyptique. Le Sud-Kivu accueille à lui seul près de 1,2 million de déplacés. Parallèlement, l’épidémie d’Ebola échappe à tout contrôle, franchissant le cap des 8 116 cas confirmés et près de 4 000 décès. Dans le Nord-Kivu, les attaques récurrentes contre les équipes de riposte exacerbent une crise sanitaire déjà catastrophique.

​«Ce que subissent les populations de l’Est dépasse le cadre d’un conflit régional : c’est une extermination lente sous les yeux d’une communauté internationale complaisante.»

​L'illusion diplomatique face au terrain

​Sur le front, l'escalade technologique frappe aveuglément : massacres à Masisi, obus de mortier et attaques de drones kamikazes à Minembwe. Pendant ce temps, les diplomates poursuivent leur ballet. Le ministre Floribert Anzuluni vantait cette semaine à Lomé la reddition de 122 combattants FDLR rapatriés vers le Rwanda.

Des gestes de bonne foi qui sonnent creux face au grondement de l'artillerie.
​À Kinshasa, le Sénat a entériné une nouvelle prorogation de l'état de siège dans l'Est. Pourtant, après des années d'application, ce régime d'exception n'a produit qu'une dégradation continue de la sécurité.

​Plus les accords se multiplient, plus la paix s'éloigne. Lorsque la frontière entre le pompier et l'incendiaire se dissout, le drame du Kivu ne relève plus de la simple crise : c'est un tragique abandon politique.

RLM

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