Traçabilité, gouvernance et reddition de comptes : le pouvoir central passe à l'offensive dans le Haut-Katanga. Une mission ministérielle de haute facture est à Lubumbashi pour auditer minutieusement l'usage des millions d'allocations minières versées aux Entités Territoriales Décentralisées (ETD) depuis cinq ans.
Où sont passés les millions de la redevance minière censés métamorphoser le quotidien des communautés locales ? C’est la question centrale, à la fois politique et financière, à laquelle l'Exécutif national entend apporter des réponses claires et sans complaisance.
Dans une démarche de contrôle budgétaire d’une ampleur inédite, le Gouvernement central a dépêché une délégation ministérielle mixte dans la capitale minière. Conduite par Jeff Lushima et regroupant des experts chevronnés des ministères de l’Intérieur, du Plan et du Portefeuille, cette mission d'inspection a pris ses quartiers dans le Haut-Katanga avec une feuille de route sans équivoque : passer au peigne fin la gestion financière de l’ensemble des Entités Territoriales Décentralisées (ETD) de la province.
L’heure de vérité pour les animateurs locaux
Reçus officiellement ce mercredi au gouvernorat provincial par le Gouverneur intérimaire Martin Kazembe Shula, les émissaires de Kinshasa ont affiché une fermeté républicaine. L’objectif de leur descente n’est autre que d’exiger une transparence totale sur l’affectation et l'exécution de tous les projets financés grâce aux fonds communautaires issus du secteur extractif depuis l'exercice 2021.
Secteurs de santé, infrastructures routières d'intérêt local, adduction d'eau, électrification rurale ou construction d'écoles : chaque dollar perçu au titre de la redevance minière devra désormais être justifié par un impact réel et mesurable sur le terrain.
Un signal fort pour la bonne gouvernance
Cette opération de contrôle, qui s'inscrit dans la droite ligne de la lutte contre la coulage des recettes publiques et la mauvaise gestion des deniers de l’État, remet au centre du jeu l'exigence de la reddition de comptes. En ciblant les gestionnaires à la base, Kinshasa envoie un signal limpide : la redevance minière ne doit plus constituer une manne financière opaque, mais un véritable levier de développement socio-économique au bénéfice direct des populations riveraines des exploitations minières.
Dans la capitale cuivrée, les auditions et les inspections de terrain s'annoncent d'ores et déjà décisives pour le paysage administratif local.
JNK
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