Reconnus provisoirement coupables par la Cour des comptes pour la gestion irrégulière de près de 10 millions de dollars, le gouverneur Grâce Bilolo et son ministre des Finances face à l'épreuve des faits.
Le coup de tonnerre retentit dans la province du Kongo-Central. La Cour des comptes vient de rendre un verdict provisoire particulièrement lourd à l'encontre des plus hautes autorités de la province.
Le gouverneur Grâce Bilolo ainsi que son ministre provincial des Finances, Djos Luyeye, ont été déclarés provisoirement coupables de « gestion de fait ». La haute juridiction financière leur reproche une immixtion directe dans la manipulation de près de 10 millions de dollars américains de fonds publics, en violation flagrante de la procédure légale et à l'exclusion du comptable public compétent.
Des irrégularités financières colossales
L'instruction menée par la Cour des comptes met en lumière des mouvements de fonds contestés portant sur deux dossiers majeurs :
- Plus de 5,51 millions USD ont été versés sur le compte de la société Savoir Construire Color SARL. Ce virement a été effectué avant même la signature formelle du contrat d'exécution des travaux de construction du nouveau siège de l'Assemblée provinciale, un marché pourtant évalué à 6,57 millions de dollars.
- Plus de 4 millions USD (sur une enveloppe globale allouée de 5 millions de dollars) décaissés de manière irrégulière dans le cadre de l'acquisition d'engins de travaux publics.
Un ultime délai accordé par la justice financière
Conformément aux procédures en vigueur, les deux responsables de la province disposent désormais d'un délai réglementaire d'un mois à compter de ce jour pour préparer leur réplique. Ils devront présenter leurs moyens de défense et fournir des preuves matérielles probantes devant la Cour des comptes afin d'espérer dissiper ces accusations de malversation.
Pendant ce temps, la pression monte au sein de l'opinion publique et de la classe politique locale. Plusieurs juristes estiment déjà que l'engagement de poursuites pénales complémentaires pourrait être envisagé si la culpabilité venait à être définitivement établie.
Natacha Ndombele
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