Face aux tensions sociopolitiques et aux débats sur l'avenir institutionnel de la République démocratique du Congo, la Société civile du Congo (SOCICO) est montée au créneau. Dans un communiqué de presse officiel, l'organisation exprime ses vives préoccupations et appelle l'ensemble des acteurs à un sursaut d'éthique républicaine.
Mise en garde contre un État de droit à géométrie variable
La Coordination nationale de la SOCICO pointe du doigt les prises de position ambiguës de certaines figures éminentes de la société civile, citant notamment Christopher Ngoyi Mutamba, Jean-Claude Katende, Jonas Tshiombela et Georges Kapiamba, ainsi que de certains mouvements citoyens.
Alors que le pays fait face à une double menace, d'une part, les groupes armés cherchant à s'emparer du pouvoir par la force, et d'autre part, les velléités de modification constitutionnelle visant la limitation des mandats présidentiels, la SOCICO rappelle que l'ordre constitutionnel ne souffre d'aucun compromis.
«La condamnation de la rébellion armée ne saurait justifier le silence face à une éventuelle violation de la Constitution par ceux qui gouvernent. De même, dénoncer les dérives du pouvoir ne saurait légitimer le recours aux armes.»
Rappel des principes constitutionnels fondamentaux
En s'appuyant sur les dispositions fondamentales de la loi suprême, l'organisation rappelle que l'État de droit garantit la séparation des pouvoirs, l'égalité des citoyens et les libertés fondamentales. Elle insiste particulièrement sur le rôle protecteur de l'article 64 (qui intime à tout citoyen de faire échec à quiconque prend le pouvoir par la force ou en violation de la Constitution) et de l'article 220 (qui protège le nombre et la durée des mandats présidentiels contre toute révision).
L'appel à la responsabilité de Pontien Nyembo
Portant la voix de la coordination, Pontien Nyembo, coordonnateur national de la société civile du Congo, insiste sur la nécessité absolue d'une constance démocratique :
«La défense de l'État de droit demeure-t-elle pour vous un principe fondamental ou devient-elle une exigence variable selon les acteurs politiques concernés ?»
Pour la SOCICO, la société civile a pour vocation intrinsèque de dénoncer les dérives d'où qu'elles viennent, sans complaisance ni calculs politiciens.
L'organisation réaffirme avec force que «ni les armes ni les ambitions personnelles de conservation du pouvoir ne peuvent se substituer à la volonté du peuple et à la primauté de la Constitution.»
La Coordination nationale invite, au finish, tous les acteurs du secteur à faire preuve de rigueur, d'indépendance et de responsabilité, afin que l'État de droit ne devienne jamais un simple slogan au service d'intérêts particuliers.
Shashu Yenga
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