Alors que les combats s’intensifient à l’Est de la République démocratique du Congo, une délégation conjointe de la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo) a été reçue ce mercredi à LUANDA par le président João Lourenço. Officiellement, il s’agit de renforcer les efforts de paix dans la région. Officieusement, cette initiative soulève des interrogations.
Une médiation parallèle qui interroge Kinshasa
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique diplomatique portée par l’Angola, en complément des processus de WASHINGTON et DOHA. Mais pour de nombreux observateurs, elle semble dessiner les contours d’une voie alternative, potentiellement perçue comme un désaveu de la fermeté affichée par le président TSHISEKEDI, qui refuse tout dialogue avec le M23/AFC, qu’il considère comme des supplétifs de l’armée rwandaise.
“Pacte social pour la paix” ou pression masquée ?
Les responsables religieux congolais ont réitéré leur appel à un “pacte social pour la paix”, se disant disposés à accompagner toute initiative de stabilisation. Si le ton se veut apaisant, cette posture est loin de faire l’unanimité dans les cercles de pouvoir à Kinshasa, où l’on redoute une forme de légitimation voilée du M23 sous couvert d’inclusivité.
Un signal flou envoyé aux FARDC
À l’heure où les FARDC mènent une résistance acharnée sur le terrain, cette démarche religieuse pourrait être interprétée comme un signal ambigu, voire démobilisateur. Entre diplomatie pastorale et réalités militaires, le fossé semble se creuser, révélant des lignes de fracture au sein même de la classe dirigeante congolaise et de ses relais d’influence.
Un pari risqué
En s’invitant dans les tractations régionales, la CENCO et l’ECC prennent le risque d’alimenter un débat explosif : faut-il négocier avec ceux qui, selon Kinshasa, sont les instruments d’une agression étrangère ? À Luanda, le dialogue se cherche, mais la cohésion nationale, elle, vacille.
Rédaction
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