Face aux déclarations récurrentes du président rwandais Paul KAGAME affirmant que la province du KIVU aurait appartenu au RWANDA, l’histoire oppose un démenti sans équivoque. Les faits, les cartes et les archives internationales tranchent : le KIVU n’a jamais été rwandais.
Pour de nombreux historiens, dont le professeur congolais Bob KABAMBA, le débat est clos depuis longtemps. L’erreur, volontaire ou non, consiste à inverser l’ordre historique. Ce n’est pas le KIVU qui fut rattaché au RWANDA, mais bien le RWANDA, le Burundi et une partie de l’actuel Ouganda qui ont, à une période clé, fait partie de l’espace congolais.
Des cartes qui parlent, une histoire qui résiste
À la fin du XIXᵉ siècle, lors des grandes négociations coloniales menées par le roi Léopold II avec les puissances européennes, notamment l’Angleterre et l’Allemagne, les cartes internationales reconnaissaient le Rwanda, le Burundi et certaines zones voisines comme intégrés à l’État indépendant du Congo, aujourd’hui République démocratique du Congo.
Avant même leur colonisation formelle par l’Allemagne, le Rwanda et le Burundi se situaient dans la sphère territoriale reconnue du Congo, telle qu’entérinée par la Conférence de Berlin de 1884-1885. Cette réalité historique était admise par les grandes puissances de l’époque et demeure attestée par des documents cartographiques conservés dans des musées et des universités de référence.
Des frontières nées du découpage colonial
Les frontières actuelles du Rwanda ne sont pas le fruit d’une continuité historique millénaire, mais le résultat de décisions coloniales ultérieures, notamment sous l’impulsion de l’Allemagne de Bismarck, puis des réaménagements opérés après la Première Guerre mondiale.
Dès lors, prétendre à une antériorité rwandaise sur le Kivu relève davantage de l’argument politique que de la vérité historique ou juridique. Les justifications avancées pour légitimer l’instabilité et les agressions à l’Est de la RDC ne reposent ni sur le droit international ni sur des faits établis, mais sur une instrumentalisation de l’histoire.
Le verdict de l’histoire
Les cartes parlent.
Les archives sont formelles.
L’histoire est claire.
Le Kivu est congolais
Il l’a toujours été, et il le restera.
Au-delà des discours, c’est la mémoire des peuples, la force des preuves et la constance des faits qui s’imposent. Et face à la falsification, l’histoire demeure la meilleure des réponses.
Rédaction
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