Ce dimanche 25 Janvier marque un tournant majeur dans la dynamique sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda selon plusieurs rapports concordants, ont quitté précipitamment plusieurs localités stratégiques du Sud-Kivu, abandonnant des positions qu’ils occupaient depuis des semaines.
Les villages de Ngungu, Lumbishi, Ruzirantaka, Kamatale, Bitagata et Kabingo sont désormais entièrement repris par les Forces armées de la RDC (FARDC), avec l’appui déterminant des Wazalendo, ces groupes d’autodéfense devenus un maillon central de la résistance locale.
Masisi et la plaine de la Ruzizi : un retrait confirmé
À Masisi, comme dans la plaine de la Ruzizi, les témoignages recueillis sur le terrain sont unanimes.
À Sange, Luvungi et Kamanyola, la population confirme le retrait effectif des éléments rebelles, majoritairement identifiés comme des combattants rwandais.
Selon plusieurs sources locales, la majorité de ces éléments auraient regagné le Rwanda via le poste frontalier de Bugarama, mettant fin, au moins provisoirement, à leur présence armée dans ces zones.
Une cause claire : l’asphyxie logistique
Contrairement aux discours habituels tentant de minimiser ces retraits, la cause principale est aujourd’hui clairement identifiée : le M23 n’était plus ravitaillé.
Depuis plusieurs jours, les rebelles faisaient face à une pénurie critique de vivres et de munitions, conséquence directe du verrouillage stratégique des axes de ravitaillement par les FARDC et les Wazalendo.
Plusieurs routes clés et voies secondaires ont été coupées, plongeant les groupes armés dans une situation intenable.
Privés de soutien logistique, les rebelles n’avaient plus d’autre choix que la fuite.
Vers une reconquête totale du Sud-Kivu ?
Si cette dynamique se maintient, les observateurs s’accordent à dire que toute la province du Sud-Kivu pourrait, dans les prochains jours, repasser entièrement sous contrôle de l’État congolais.
Cette avancée redonne espoir à une population meurtrie par des années d’occupation, de violences et de déplacements forcés. Elle illustre également une réalité souvent passée sous silence : la combinaison FARDC–Wazalendo change le rapport de force sur le terrain.
Un message fort
Au-delà du gain territorial, ce retrait du M23 envoie un signal politique et militaire clair :
* l’occupation par procuration a ses limites,
* la résistance congolaise s’organise,
* et le Sud-Kivu n’est pas à vendre.
Fatshi BWANGA
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