Au sein de la communauté Banyamulenge, ce principe semble aujourd’hui faire consensus. Et ces «vieux dossiers» portent désormais des noms : Azarias RUBERWA et Moïse NYARUGABO.
Dans une vidéo largement relayée, un citoyen banyamulenge s’adressant directement au gouvernement congolais a décidé de briser un tabou longtemps entretenu. Sans détour, il lance :
«S’il vous plaît, arrêtez Azarias RUBERWA et Moïse NYARUGABO, et nous pourrons enfin respirer.»
Pendant près de trois décennies, les deux figures politiques ont, selon lui, joué la même partition victimaire, marginalisation, persécution, insécurité, pour se maintenir au centre du jeu politique. Mais pour ce membre de la communauté, le véritable problème ne viendrait plus de l’extérieur, mais bien de ceux qui prétendent parler au nom du peuple banyamulenge.
Il accuse ouvertement RUBERWA et NYARUGABO d’avoir transformé la souffrance collective en un fonds de commerce politique, servant des agendas personnels et, selon ses propos, des intérêts étrangers, notamment rwandais.
Dans cette lecture critique, l’histoire récente de l’Est du pays est éloquente : AFDL, RCD, CNDP, M23… Autant de mouvements et de rébellions qui, affirme-t-il, auraient instrumentalisé la communauté Banyamulenge comme levier politique, militaire et financier. Une liste qui, précise-t-il, est loin d’être exhaustive.
Le même intervenant soutient que les deux leaders ont toujours su « avoir un pied dans la cuisine », se positionnant du bon côté du pouvoir ou du chaos selon les circonstances. Il appelle ainsi l’État congolais à tirer profit du séjour d’Azarias RUBERWA aux États-Unis, où il participe au National Prayer Breakfast, pour engager des poursuites à son encontre.
Le message est sans ambiguïté :
non à la manipulation, non à l’instrumentalisation identitaire.
De plus en plus de Banyamulenge disent refuser d’être des boucliers humains pour des ambitions politiques personnelles.
La ligne rouge est désormais tracée :
si Azarias RUBERWA et Moïse NYARUGABO souhaitent poursuivre leur carrière politique, qu’ils le fassent sans se cacher derrière le nom de leur communauté.
Pour ces voix dissidentes, la récréation est terminée. Le temps serait venu, disent-elles, de mettre fin à l’ère des “dinosaures politiques” et de laisser la justice faire son travail.
Rédaction
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