Le Dr Denis MUKWEGE vient de tracer une ligne rouge infranchissable dans le débat national. Face aux appels récurrents au dialogue, le Prix Nobel de la Paix oppose une vérité brutale, mais lucide : on ne négocie pas pendant que le peuple saigne.
«Pas de dialogue sous les balles : la justice d’abord».
Ce cri n’est ni idéologique ni politicien. Il vient d’un homme qui, depuis des décennies, recueille les corps brisés, les vies détruites et les silences traumatisés de la guerre imposée à la RDC.
Pour Denis MUKWEGE, dialoguer pendant que la guerre fait rage revient à banaliser la violence, à humilier davantage une nation agressée, et à exiger des victimes qu’elles acceptent l’oubli comme prix de la paix.
Le message est clair, structuré, sans ambiguïté : d’abord la fin de la guerre,
ensuite la justice, et seulement après, le dialogue.
Car le dialogue n’est pas une reddition. Ce n’est ni une capitulation sous pression militaire, ni un marchandage imposé par les armes. Dialoguer sans justice, c’est demander aux victimes d’effacer leurs blessures. Dialoguer pendant la guerre, c’est légitimer les bourreaux.
La paix, rappelle MUKWEGE, ne se bâtit pas sur des fosses communes. Elle ne jaillit ni des accords signés dans l’urgence, ni du silence imposé aux opprimés pendant que le sang continue de couler.
«Sans vérité, pas de justice. Sans justice, pas de réconciliation. Sans réconciliation, pas de paix durable», martèle-t-il.
Après plus de trente ans de souffrances, le peuple congolais ne réclame plus de simples compromis politiques. Il exige la dignité, la responsabilité, et le droit fondamental de vivre sans peur.
Tout le reste n’est qu’illusion.
Pas de dialogue sans justice.
Encore moins tant que la guerre continue.
Rédaction
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