L’histoire du Général Eddy KAPEND YRUNG ressemble à un scénario de film, mais elle est bel et bien réelle.
Condamné à mort, enterré vivant par l’histoire pendant près de vingt ans, il refait surface pour revenir au sommet de l’appareil militaire congolais.
Un parcours intellectuel et militaire atypique
Né au Katanga en 1960, Eddy KAPEND YRUNG est cousin de l’ancien président Laurent-Désiré KABILA.
Il effectue ses études à l’Université de Lubumbashi, où il décroche une licence en philosophie et en droit. Sous le régime de Mobutu, il sert dans l’administration avant de suivre une formation militaire en Angola au sein des Tigres katangais.
Dans les années 1990, il se rapproche de l’Union des Fédéralistes et des Républicains Indépendants (UFERI).
L’homme de confiance de M’zee
En août 1998, lors de l’attaque rwandaise sur Kinshasa, Eddy KAPEND YRUNG joue un rôle décisif en sauvant la vie du président Laurent-Désiré KABILA. Cet acte lui vaut la confiance totale de M’zee.
Le 20 octobre 1998, il est nommé Chef de l’armée congolaise, succédant à Joseph KABILA, qui avait brièvement remplacé Célestin KIFWA.
Le drame du 16 janvier 2001
Le 16 janvier 2001, alors qu’il fait partie de la garde rapprochée du chef de l’État, Eddy KAPEND YRUNG est témoin de l’assassinat du président Laurent-Désiré KABILA. Le garde RASHIDI, auteur présumé des tirs, est lui-même abattu à bout portant.
Après la mort de M’zee, KAPEND fait partie de ceux qui œuvrent à l’accession de Joseph KABILA au pouvoir et devient même l’un de ses gardes rapprochés.
Mais le destin bascule : à l’issue d’un procès très controversé, il est accusé de complicité dans l’assassinat de son ancien chef et condamné à mort.
Seuls Dieu et le défunt connaissent la vérité, dira l’histoire.
Vingt ans derrière les barreaux
La peine capitale ne sera jamais exécutée, mais Eddy KAPEND YRUNG passera près de vingt années à la prison de MAKALA. L’espoir de liberté semblait presque éteint.
Depuis sa cellule, il assiste au changement de régime à Kinshasa, ce qui rallume une faible lueur d’espérance.
En 2020, plusieurs prisonniers politiques sont graciés. KAPEND n’en fait pas partie. Mais l’attente n’est pas vaine.
La liberté… puis la réhabilitation
C’est finalement au début de l’année 2021 que le colonel Eddy KAPEND quitte la prison de MAKALA, gracié par le Président de la République.
À sa sortie, Kinshasa lui apparaît méconnaissable : nouveaux bâtiments, nouvelle dynamique, un monde qu’il avait quitté deux décennies plus tôt.
Comme si le destin voulait parachever son œuvre, le 19 octobre 2023, le Président TSHISEKEDI le réintègre officiellement dans les FARDC, avec le grade de Général de brigade, le nommant commandant de la 22ᵉ région militaire, dans sa province natale du Katanga.
Une leçon d’histoire et de résilience
L’histoire du Général Eddy KAPEND YRUNG est celle d’un homme que l’on croyait définitivement enterré, mais qui renaît pour s’asseoir de nouveau au sommet de son art.
Un récit puissant sur le temps, la patience, la chute et la réhabilitation.
À chacun d’en tirer les leçons qui s’imposent.
MABIALA LEZI
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