La tension monte autour de la récente séance de vulgarisation de l’accord conclu entre la République démocratique du Congo et Washington.
La Synergie des Jeunes Leaders Congolais (SJLC) est sortie de son silence pour exprimer un profond mécontentement, dénonçant ce qu’elle qualifie de “pièce de théâtre politique” plutôt qu’un véritable cadre d’échange avec la jeunesse.
Dans une déclaration rendue publique, la SJLC affirme que l’activité organisée dans la province du Lualaba a laissé un goût amer aux jeunes leaders présents.
Selon l’organisation, plusieurs dysfonctionnements majeurs ont entaché la rencontre censée expliquer le contenu et les enjeux de cet accord stratégique.
Une organisation jugée chaotique
La première critique porte sur l’organisation même de l’activité. Ir Jacques MBAYO KALONDA, numéro un de la Synergie, déplore une préparation jugée défaillante, qui n’aurait pas permis un dialogue sérieux avec la jeunesse locale.
«La séance ressemblait davantage à une mise en scène qu’à un espace d’explication et de débat sur un accord pourtant crucial pour l’avenir du pays », regrette t-il.
Les jeunes leaders dénoncent également ce qu’ils considèrent comme une maîtrise insuffisante du contenu de l’accord par certains intervenants, alors que l’objectif affiché était justement d’en vulgariser les dispositions auprès de la population.
Le Lualaba ignoré dans ses réalités
Autre point d’indignation : l’absence de contextualisation de l’accord par rapport à la réalité du Lualaba.
La SJLC rappelle que cette province est largement reconnue comme la capitale mondiale du cobalt, une ressource stratégique pour l’économie congolaise et pour la transition énergétique mondiale.
Pour l’organisation, toute discussion sur les partenariats internationaux impliquant les ressources naturelles du pays devrait impérativement intégrer les spécificités et les attentes des populations locales.
Une délégation jugée disproportionnée
La présence d’une délégation d’environ une centaine de personnes venue de Kinshasa soulève également des interrogations au sein de la SJLC.
L’organisation estime qu’une telle mobilisation donne davantage l’impression d’une démonstration politique que d’une démarche constructive.
«La qualité du dialogue doit primer sur la démonstration de présence», insiste la structure.
Appel aux responsables de la jeunesse
Face à cette situation, la SJLC appelle le président du Conseil provincial de la jeunesse du Lualaba à assumer pleinement ses responsabilités afin d’éviter que de telles improvisations ne se reproduisent.
La SJLC invite également Steve KAKESSE et John NAWEJ à accompagner les autorités pour que les initiatives destinées à la jeunesse passent désormais par les structures officielles, notamment les conseils de jeunesse.
Un appel à une approche plus inclusive
La SJLC plaide par ailleurs pour une approche plus inclusive dans la sensibilisation autour de cet accord. Elle suggère que la même délégation se rende également dans la province de Mai-Ndombe, afin d’assurer une représentation équilibrée des différentes réalités du pays.
Dans sa déclaration, l’organisation interpelle aussi la présidente de l’Assemblée nationale, Aimée BOJI SANGARA, lui rappelant que la RDC ne se résume pas au seul Grand Katanga et que les autres provinces méritent une attention équivalente.
«La jeunesse mérite respect et considération»
La Synergie des Jeunes Leaders Congolais insiste sur la nécessité d’impliquer davantage les associations de jeunes qui maîtrisent les réalités locales dans toute démarche de vulgarisation des lois et accords nationaux.
«La jeunesse congolaise mérite respect, sérieux et considération», conclut la déclaration signée par Baba de la Jeunesse Congolaise, au nom de la SJLC.
Fatshi BWANGA
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