En 2011, pour permettre la révision constitutionnelle la plus controversée de l’histoire de la RDC, Bahati Lukwebo faisait partie de la majorité présidentielle kabiliste. Sa mission ? Convaincre, voire endoctriner, l’opinion publique et internationale de l’«inévitable» nécessité de réviser la Constitution.
Il expliquait alors que certains mécanismes institutionnels étaient inadaptés au contexte congolais et que leur réforme améliorerait la gouvernance et l’organisation des élections. Résultat : la Constitution de 2006 a été revue et adoptée le 20 janvier 2011, modifiant notamment l’élection présidentielle en passant d’un scrutin à deux tours à un seul. Une réforme qui a servi directement à sécuriser la réélection de Joseph KABILA, en évitant un second tour risqué contre Étienne TSHISEKEDI.
Ironie du sort, aujourd’hui, Bahati Lukwebo tient un discours inverse : la Constitution ne serait pas le problème, mais plutôt ceux qui doivent l’appliquer. Une posture qui met en lumière sa contradiction historique.
Pourtant, dans le contexte actuel, la RDC ne peut se permettre d’ignorer les failles de sa Constitution. Une révision raisonnée serait impérative pour renforcer la souveraineté nationale et rationaliser les institutions publiques, afin d’éviter le gaspillage des fonds de l’État.
Parmi les réformes prioritaires :
• Exiger d’être congolais de père et de mère pour accéder aux postes de souveraineté ;
• Supprimer le Sénat et les Assemblées provinciales ;
• Nommer les gouverneurs par le Chef de l’État et supprimer les gouvernements provinciaux ;
• Rendre irrévocable la nationalité congolaise d’origine ;
• Conférer au Chef de l’État les pouvoirs nécessaires pour une action publique efficace ;
• Limiter la taille du gouvernement et le délai de formation ;
• Interdire aux Congolais ayant conspiré avec des forces étrangères contre la République d’accéder aux fonctions publiques.
Repenser la Constitution n’est pas un simple choix politique : c’est une nécessité stratégique, économique et sécuritaire pour la RDC. Ignorer cette réalité serait continuer à répéter les erreurs du passé.
Rédaction
%20(1)%20(2).png)