La scène politique congolaise a été secouée par une déclaration directe du professeur Modeste BAHATI LUKWEBO, qui s’est exprimé devant la presse en des termes particulièrement tranchés à l’endroit du président Tshisekedi.
«Allez-y dire au président Félix TSHISEKEDI TSHILOMBO que le Congo n’a pas un problème de textes, mais de bons animateurs. Je suis professeur d’universités, je sais de quoi je parle.»
Une sortie qui n’est pas passée inaperçue dans les milieux politiques et qui alimente les débats au sein de la majorité présidentielle.
Une critique sur la gouvernance plutôt que sur les lois
À travers cette déclaration, le professeur Bahati semble remettre en cause non pas l’arsenal juridique ou constitutionnel du pays, mais la qualité de ceux chargés de l’appliquer.
L’argument est clair :
le problème ne serait pas lié aux textes, Constitution, lois ou réformes, mais à la compétence et à l’efficacité des responsables publics appelés à les mettre en œuvre.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par des discussions récurrentes sur les réformes institutionnelles et l’amélioration de la gouvernance.
Tensions au sein de la majorité ?
La déclaration suscite également des interrogations au sein de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti présidentiel.
S’agit-il :
• D’un simple appel à l’amélioration de la performance gouvernementale ?
• D’un message politique interne ?
• Ou d’un signe de tensions plus profondes au sein de la coalition au pouvoir ?
À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée du côté de la présidence.
Une sortie calculée ?
Connu pour son profil académique et politique, Modeste BAHATI LUKWEBO n’est pas un novice dans les débats institutionnels. Sa référence explicite à son statut de professeur d’universités renforce la dimension technique et intellectuelle de son propos, tout en lui donnant une portée politique évidente.
Dans un environnement où les attentes sociales restent fortes, emploi, sécurité, services publics, la question de la qualité de la gouvernance demeure centrale.
Un débat de fond relancé
Au-delà de la polémique, cette déclaration remet sur la table une interrogation récurrente en RDC :
les blocages du pays relèvent-ils d’un déficit normatif ou d’un déficit d’exécution ?
La réponse à cette question dépasse les clivages partisans et touche au cœur du fonctionnement de l’État.
Reste à voir si cette sortie ouvrira un débat constructif au sein de la majorité ou si elle accentuera les tensions politiques dans les jours à venir.
Fatshi BWANGA
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