La publication de la nouvelle équipe gouvernementale provinciale du Haut-Katanga, rendue publique par le gouverneur Kazembe Shula, suscite déjà commentaires et interrogations au sein de l’opinion. Derrière la liste des ministres nommés, se dessine un subtil jeu d’équilibre politique entre les principales forces en présence.
Dans ce gouvernement, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) s’adjuge des portefeuilles stratégiques, notamment l’Intérieur confié à Kashiba Ntambo Jean-Jacques, le Budget avec Jean de Dieu Mulenda Ebondo, ainsi que les Mines, secteur clé de la province, attribué à Serge Owandja. Une présence qui traduit le poids politique du parti présidentiel dans la gestion provinciale.
De son côté, l’Union nationale des fédéralistes du Congo (UNAFEC) hérite des Finances avec Célestin Kapaya, un poste tout aussi sensible dans un contexte de gestion des ressources et de mobilisation des recettes publiques.
Le regroupement 2ATDC se taille également une part importante avec plusieurs ministères, notamment les Infrastructures (Jean-Claude Nsenga Kafindo), l’Économie (Georges Banguni Mbang) et l’Agriculture et développement rural (Bobo Malulu). Une présence renforcée qui témoigne d’un positionnement stratégique au sein de l’exécutif provincial.
D’autres formations politiques complètent cette architecture gouvernementale : ARDEV obtient l’Éducation avec Max Mpande ainsi que le Genre, confié à Nkanku Lukengo Coco, tandis que l’ACO se voit attribuer la Santé avec Jean-Claude Kisenga Mwana Umbi.
Au-delà de la répartition des postes, cette configuration soulève plusieurs questions. S’agit-il d’un gouvernement fondé sur les compétences et la cohérence programmatique, ou d’un compromis politique destiné à satisfaire les équilibres entre alliés ?
Dans une province au cœur de l’économie minière du pays, les attentes de la population restent élevées, notamment en matière de gouvernance, d’infrastructures et de services sociaux de base. La capacité de cette équipe à répondre concrètement aux défis du Haut-Katanga sera scrutée de près.
Si certains saluent une représentativité politique élargie, d’autres s’interrogent déjà sur les risques de lourdeurs administratives et de divergences internes.
Une chose est sûre : au-delà des calculs politiques, c’est sur le terrain que ce gouvernement sera jugé.
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