À Nsele, le quartier de Ngamaba sort progressivement d’une longue période d’angoisse. Ce qui s’y est déroulé dépasse largement le cadre d’un simple fait divers : il s’agit d’un signal d’alerte majeur sur l’existence de réseaux criminels opérant dans l’ombre, parfois sous des couvertures insoupçonnées.
Pendant près de deux décennies, des habitants ont vécu dans la peur. Tirs nocturnes, actes de banditisme, disparitions inexpliquées… Le site, pourtant présenté comme un espace à vocation religieuse, s’était mué en véritable «couloir de la mort».
Depuis 2006, les témoignages convergent pour décrire un climat d’insécurité permanent, longtemps ignoré ou insuffisamment traité.
Les révélations récentes ont profondément choqué l’opinion.
Selon plusieurs sources locales, ce terrain aurait été attribué à des religieuses d’origine rwandaise durant l’ère de Joseph Kabila, avec une implication souvent attribuée à Jeannette Kabila. Mais sur place, les activités observées étaient loin de toute mission spirituelle : présence d’armes, organisation de réseaux criminels et découverte de corps sans vie.
Ces éléments soulèvent de nombreuses interrogations. Comment un site à vocation religieuse a-t-il pu devenir un point névralgique d’activités illicites ? Qui assurait la protection ou la couverture de ces réseaux durant toutes ces années ? Autant de questions qui restent, à ce stade, sans réponses claires et exigent des enquêtes approfondies.
Face à cette situation, les autorités ont réagi. Sur instruction du président Félix Tshisekedi, une opération de sécurisation a été menée. Celle-ci a permis le démantèlement de plusieurs réseaux criminels et la mise au jour de découvertes macabres, confirmant l’ampleur des dérives.
Aujourd’hui, le calme revient progressivement à Ngamaba. Les autorités annoncent la rétrocession du site aux communautés locales ainsi qu’aux services de sécurité, dans l’objectif d’éviter toute résurgence de telles activités.
Mais au-delà du retour au calme, cette affaire met en lumière une réalité préoccupante : l’existence possible de réseaux organisés, capables d’opérer durablement en toute discrétion. Ngamaba pourrait ainsi ne représenter qu’une partie d’un phénomène plus large.
Dans ce contexte, un mot d’ordre s’impose : vigilance. Car si la sécurité semble rétablie, les enseignements tirés de cette affaire appellent à une mobilisation continue des citoyens comme des institutions. La stabilité durable passe aussi par la capacité collective à détecter, dénoncer et prévenir ce type de dérives.
La page de Ngamaba se tourne peut-être. Mais le devoir de vigilance, lui, reste entier.
Rédaction
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