Dans les médias comme sur les réseaux sociaux, certains tentent d’imposer l’idée qu’un dirigeant congolais ne devrait pas rester longtemps au pouvoir. Mais cette position soulève une question fondamentale : pourquoi ce qui est toléré ailleurs en Afrique deviendrait-il inacceptable lorsqu’il s’agit de la RDC ?
Dans plusieurs pays du continent, des dirigeants sont restés aux commandes de leurs États pendant des décennies sans que cela ne provoque les mêmes injonctions extérieures. Au Cameroun, Paul Biya dirige le pays depuis plus de quarante ans. Au Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso cumule également plusieurs décennies de pouvoir. En Ouganda, Yoweri Museveni est à la tête de l’État depuis 1986. Quant au Rwanda, Paul Kagame domine la vie politique depuis plus d’un quart de siècle.
Pourtant, lorsqu’il s’agit de la RDC, certains acteurs politiques ou groupes d’influence semblent vouloir dicter au peuple congolais ce qu’il doit faire et combien de temps un dirigeant peut rester en fonction. Cette attitude est perçue par de nombreux citoyens comme une forme d’ingérence politique et morale.
Le président Félix-Antoine TSHISEKEDI est aujourd’hui au cœur de ce débat.
Pour ses partisans, il incarne un acteur clé dans la défense de la souveraineté nationale et dans la lutte contre les menaces sécuritaires qui pèsent sur le pays, notamment dans l’Est.
Dans ce contexte, ils estiment que la priorité devrait être la stabilité, l’unité nationale et la protection des intérêts de la RDC.
Ces voix militantes dénoncent également ce qu’elles considèrent comme des pressions provenant à la fois de certaines forces politiques internes et d’acteurs extérieurs.
Elles affirment que l’avenir du Congo ne doit pas être décidé dans des chancelleries étrangères ni par des groupes d’influence, mais par le peuple congolais lui-même.
Certaines critiques visent aussi des institutions nationales jugées trop engagées dans le débat politique, notamment la Conférence Épiscopale Nationale du Congo, régulièrement citée dans les discussions publiques autour de la gouvernance et des réformes institutionnelles.
Pour les défenseurs de cette position, le message est clair : le Congo doit rester maître de son destin. Selon eux, les Congolais ne sont ni des spectateurs ni des sujets passifs. Ils revendiquent le droit de décider librement de l’avenir politique de leur pays, sans intimidation ni pression.
Au-delà des divergences politiques, cette tribune reflète un sentiment largement partagé dans une partie de l’opinion : la souveraineté nationale et la dignité du peuple congolais ne sont pas négociables.
Marie-José NGOYA
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