Présidée par le général-major Sultani Makenga, cette activité, présentée comme un programme de renforcement du leadership et de gouvernance, est perçue par de nombreux observateurs comme une tentative de structuration politique d’un mouvement armé toujours au cœur de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Une initiative jugée provocatrice
Pour plusieurs analystes et acteurs de la société civile, cette formation va bien au-delà d’un simple encadrement idéologique. Elle s’apparente à une stratégie de consolidation d’un pouvoir parallèle dans des zones sous influence rebelle. L’intégration officielle de ces participants comme « cadres de base » renforce les inquiétudes quant à une volonté d’ancrage durable du mouvement dans les structures locales.
Dans un contexte marqué par des déplacements massifs de populations, des violations des droits humains et une instabilité persistante, organiser ce type d’activités est perçu comme une provocation directe vis-à-vis des efforts de paix en cours.
Un risque pour les initiatives de paix
Alors que plusieurs processus diplomatiques régionaux tentent de ramener le calme dans le Nord-Kivu, ce genre d’initiative est jugé contre-productif. En promouvant une idéologie propre et en formant des cadres politico-militaires, l’AFC/M23 semble s’inscrire dans une logique de long terme, loin des engagements attendus en faveur d’un désarmement et d’un retour à l’ordre républicain.
Les appels à la « cohabitation pacifique » et au « changement social » évoqués lors de la formation peinent à convaincre, tant ils contrastent avec la réalité du terrain, marquée par des tensions armées et une défiance accrue des populations.
Une condamnation nécessaire
Face à cette situation, plusieurs voix s’élèvent pour appeler à une condamnation ferme de telles initiatives, considérées comme une tentative de normalisation d’un groupe armé. Pour ces acteurs, il est impératif de réaffirmer le principe fondamental de l’intégrité territoriale et du monopole de la force par l’État.
Au-delà des discours, cette affaire rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée, à la fois politique, sécuritaire et diplomatique, pour éviter que de telles dynamiques ne fragilisent davantage une région déjà profondément meurtrie.
Dans l’Est de la RDC, chaque signal compte. Et pour beaucoup, cette formation idéologique envoie un message préoccupant, celui d’une crise loin d’être résolue.
Karaj-a-Ntang
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